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Table des matières

Sujets:
Sainte Marie
Phrases et vies de Saints et Bienheureux
Messages révélés
Des témoins de Dieu parlent

Autres citations
Extraits d’Écritures
Prières et Chapelet – Rosaire
Sur le Saint-Sacrement
Autres

Liens intéressants
(aide technique)



Marie: …………………………………… (retour au top)
Notre Dame de Fatima
Messages de Medjugorje
Apparitions de la Vierge à Garabandal
Apparitions de la Vierge à Kerizinen
Notre-Dame de La Salette
Notre-Dame de Tilly-sur-Seulles
Notre-Dame de Pellevoisin
Consécration à la Très Sainte Vierge Marie
Marie parle à un prisonnier
Neuvaine à Marie Médiatrice de toutes les Grâces (lien)

Phrases de saint Louis-Marie Grigion de Montfort


Phrases et vies de Saints: …………………………………… (retour au top)
Saint Augustin
Carlo Acutis
Sainte Catherine de Sienne
Saint Charbel
Saint Charles de Foucault
Bienheureuse Dina Bélanger
Don Dolindo
Sainte Elisabeth de la Trinité
Saint François d’Assise
Sainte Françoise Romaine
Sainte Gemma Galgani
Sainte Gertrude d’Hefta
Saint Ignace d’Antioche
Saint Jean de la Croix
Saint Louis-Marie Grignion de Monfort
Sainte Maravillas de Jésus (carmélite)
Sainte Marguerite-Marie Alacoque (voyante du Sacré-Cœur de Jésus)
Sainte Marie d’Oignies
Marthe Robin
Saint Maximilien Kolbe
Padre Pio
Sainte Thérèse d’Avila
Sainte Thérèse de Lisieux
Van
Yvonne-Aimée de Malestroit


Messages révélés: …………………………………. (retour au top)
Phrases et messages à Vassula
Pour le Bonheur des miens, mes choisis (Jésus à Léandre Lachance)
Messages de Jésus à Monique-Marie (À tous ceux qui souffrent au travail)
Messages de Jésus à la Fille du Soleil
Messages à Consolata Betrone
Messages à Sainte Faustine (Divine Miséricorde)
Messages sur la Divine Volonté (Louisa Piccarreta)
Quand le Seigneur parle au cœur (Père Courtois)
Révélations à Julienne de Norwich
Messages du Cœur Eucharistique du Christ (à Sophie Prouvier)
Messages à Maria Valtorta
Messages de Saint Michel


Témoins: …………………………………. (retour au top)
Alan Ames
Père Emiliano Tardif
Phrases de Natalie Saracco
Phrases de Jean-Luc Trachsel
Père James Manjackal
Les Franciscains de Bruxelles
Témoignages de conversions
Conférences (Alberto Maalouf et NDML, …)
Enseignements de Benoît (de Via Divina)


Autres: …………………………………. (retour au top)
Miracles eucharistiques
Saint Dominique, le Rosaire et le possédé albigeois
Conférences (Alberto, Paris tout est possible, …)
Chants


Extraits d’Écritures: ………………………….. (retour au top)


Extraits des Psaumes & Proverbes
Lettres de Saint Paul (extraits)
Lettres de Saint Jean (extraits)

Extraits d’Écritures par thème

Citations au fil des jours


Prières: …………………………………. (retour au top)
Prières
Chapelet

Liens intéressants: …………………………………. (retour au top)
bibliotheque-monastique
Livres mystiques.com
Maria Valtorta


Aide technique …………………………………. (retour au top)


Phrases de Dina Bélanger

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La divine substitution (ref: vlog de Benoit de Ignis)

Autobiographie, Volume 2 (extraits):

« Mon idéal: la substitution de Notre Seigneur à moi. Nous ne sommes plus deux, Jésus et moi, nous ne sommes qu’un: Jésus seul.
Il se sert de mes facultés, de mes sens, de mes membres. C’est lui qui pense, qui veut, agit, prie, regarde, parle, marche, écrit, enseigne, en un mot: qui vit.
Et moi je suis toute petite au milieu de son coeur brûlant, si petite que Lui seul peut m’y voir. Je lui ai tout abandonné, plus rien ne m’occupe. Mon unique emploi c’est de Le contempler et de Lui dire sans cesser: Jésus, je t’aime, je t’aime, je t’aime. C’est le cantique du Ciel, mon éternité est commencée. Que je suis heureuse ! »

« Mon éternité est commencée, cela je l’ai écrit il y a longtemps déjà. Je vis dans le coeur de mon Dieu, je suis perdue, anéantie en Lui. N’est-ce pas la vie des élus au Paradis ? Je suis abandonnée totalement à l’action de la Trinité Sainte en mon être. Il me reste donc pour emploi de La contempler, de L’aimer. Et n’est-ce pas là l’occupation des bienheureux ? »

« Je veux te remplir de Ma propre sainteté, que tu sois un abîme rempli de l’infini. »

Mode d’emploi de cette sainteté:

« Pour devenir un abîme capable d’être envahi par l’infini, il faut d’abord
– l’anéantissement absolu dans le domaine spirituel de l’être humain,
– ensuite la substitution de Jésus à cet être humain
– et l’abandon parfait et continuel de l’âme à la volonté du Divin agissant. »

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Sainte Maravillas de Jésus

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Mots-clés: compassion, Dieu fait tout, notre néant, paix, sans mérite

(Dieu fait tout)
« Soyez tranquille, je sais que vous n’avez rien, si ce n’est ce que vous donne le Christ; donc, si vous ne Le gênez pas et si vous Le laissez faire, vous serez sainte, pourquoi pas, si c’est pour cela qu’Il vous a créée, rachetée, choisie, aimée. »
(24, L. 6340)

« L’unique chose importante est celle-ci: comprendre que nous sommes rien, que nous ne pouvons rien, et alors ce Seigneur de nos âmes, Lui, fera tout, n’en doutez pas. Maintenant, quand nous croyons que nous pouvons quoi que ce soit, dans cette œuvre tellement sienne de la sanctification des âmes, tout s’écroule pour nous. »
(25, L. 4379)

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« Quittez tout en vous enfonçant dans ce Cœur divin et, aveuglément et avec confiance, laissez-Le œuvrer, sûre de Lui. Vous n’êtes pas seule, puisque vous avez Dieu qui est tout à vous.»
(416, L. 3888)

***

(sans mérite)(compassion)
« Je me sais tellement capable de tout le mal possible, s’Il m’abandonnait une minute, que cela seul me donne une immense compassion pour les âmes. »
(286, L. 1782)

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***

(paix)
« Ne perdez pas la paix qu’Il vous donne. Il est très vrai que nous ne sommes rien, que misère de tous côtés…, mais Il le sait beaucoup mieux que nous, et cependant Il nous aime, et de quelle manière ! Mais Il veut que nous vivions seulement pour Lui, en jetant tout dans le feu de son amour pour qu’Il le purifie. Fixons nos regards sur Jésus, qui est notre modèle, ne les reportons pas toujours sur les misères de notre âme, parce que, sinon, nous ne seront jamais que misérables. Entrez dans ce Cœur et vivez-y, car il est tout à vous, et occupez-vous seulement de ce qui Le concerne, de ce qu’Il a voulu vous confier, et Il s’occupera de vous rendre tout à fait selon son goût, pour autant que vous Le laisserez faire. »
(422, L.4809) (Retour au Top)

***

(notre néant) (next)
« Pourvu seulement que nous reconnaissions cette grande vérité de notre néant et ne notre complète incapacité sans Lui, Il supplée a tout. »
(1169, L. 923) (Retour au Top)

***

(notre néant) (next)
« C’est vrai que nous ne sommes rien, et quelle joie il y a là, puisque le Seigneur nous aime tels que nous sommes et qu’en Lui nous avons tout. »
(1170, L.3512)

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***

(notre néant)
« Je crois que je ne suis bonne à rien; Il doit toujours tout faire et tout arranger pour moi, et ainsi je n’ai qu’à m’occuper de L’aimer et à m’efforcer de faire Sa volonté. »
(1171, L. 4520))

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Enseignements de Benoît (Via Divina)

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– Le Secret du Bonheur: soumission à la Volonté Divine
– Comment vivre dans le Cœur de Jésus ?
– Quelle différence entre FAIRE la volonté de Dieu et VIVRE dans la volonté de Dieu ?
– Sur la sainteté: ce n’est pas ce que l’on croit !

– Le Secret du Bonheur: soumission à la Volonté Divine (voir la Vidéo)

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– Comment vivre dans le Cœur de Jésus ? (voir la Vidéo) (sur base de la Divine Volonté:
Tome 3, 10 juillet 1900:
Au sujet de la différence entre vivre pour Dieu et vivre en Dieu. Il reprit sur le même sujet en disant:
« En vivant pour Dieu, l’âme peut
-être soumise à des troubles et des amertumes,
-se montrer instable,
-sentir la pesanteur de ses passions et des interférences des choses terrestres.
Pour l’âme qui vit en Dieu, c’est complètement différent.
Comme elle vit dans une autre personne,
-elle laisse ses propres pensées pour épouser celles de l’autre.
-Elle épouse son style, ses goûts et, plus encore,
-elle quitte sa propre volonté pour prendre celle de l’autre.

Pour qu’une âme puisse vivre dans la Divinité, elle doit
-laisser tout ce qui lui appartient en propre,
-se priver de tout et
-laisser ses propres passions.
En un mot, tout abandonner pour tout trouver en Dieu.

Quand l’âme a beaucoup grandi en légèreté,
– elle est capable d’entrer par la porte étroite de mon Cœur
– pour vivre en moi de ma Vie même.

Même si mon Cœur est très grand, tel qu’il n’a pas de limite, sa porte d’entrée est très étroite.
Seulement celui qui est dépouillé de tout peut y entrer.
Cela est juste parce que je suis le Très Saint.
Je ne permettrais à personne qui serait un étranger à ma Sainteté de vivre en moi.
C’est pourquoi, ma fille, je te dis: essaie de vivre en moi et tu posséderas le paradis anticipé.»


Tome 2, 7 mai 1899:
Jésus ajouta:
«Il en est bien ainsi:
– mon Cœur est infiniment grand,
– mais la porte pour y entrer est très étroite.
Personne ne peut venir combler son vide, sauf les âmes dépouillées et simples.
Puisque sa porte est étroite,
-la moindre petite entrave –
-l’ombre d’un attachement,
-une intention qui n’est pas droite,
-une action qui n’a pas pour but de me plaire les empêche de venir s’y délecter.


Tome 6, 22 décembre 1904:
« Plus l’âme est humble et vide d’elle-même, plus la lumière divine la remplit et lui
communique ses grâces et perfections.
Plus la lumière rencontre de vide dans l’âme,
plus profondément elle s’y introduit .
Par conséquent,
-plus elle y occupe d’espace et
-plus elle lui communique ses grâces et ses perfections. »


Tome 6, 12 octobre 1905:
«Ma fille, la connaissance de soi vide l’âme d’elle-même et la remplit de Dieu.»
«L’âme qui se connaît et qui est remplie de Dieu, sachant qu’elle n’est rien, ou plutôt qu’elle est un vase fragile, pourri et malodorant, se garde de laisser entrer en elle d’autre pourriture provenant des choses que l’on voit dans le monde. Il serait bien stupide celui qui, affligé d’une plaie infectée, ramasserait de la pourriture pour la placer dessus.
Se connaître soi-même entraîne la connaissance des choses du monde avec leur vanité,
leur fugacité, leurs tromperies, ajoutées à l’inconstance de la créature. Cela amène l’âme à être attentive à ne pas laisser entrer ces souillures en elle et, conséquemment, tous ses compartiments sont remplis des vertus de Dieu.»

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Quelle différence entre FAIRE la volonté de Dieu et VIVRE dans la volonté de Dieu ?

voir: vidéo de Benoît
– Livre Du Ciel Tome 12: 14 août 1917
– Livre Du Ciel Tome 17: 18 septembre 1924
« Vivre dans ma Volonté, c’est vivre comme un fils; accomplir ma Volonté, c’est vivre comme un serviteur. »
– Livre Du Ciel Tome 36: 10 mai 1938
« Et, oh ! comme il est beau de voir mes enfants vivre dans mon Vouloir et en arriver à
me dire : Mon Père, tu as veillé trop longtemps. Tu es fatigué, repose-toi. Et pour que ton
repos soit doux, repose-toi dans mon amour et c’est moi qui veillerai. Je prendrai ta place
auprès des âmes. Qui sait si tu ne trouveras pas quelqu’un lorsque tu te réveilleras. Et moi, je me confie à ces enfants, et je me repose un peu.
Y a-t-il quelque chose que l’âme qui vit dans notre Volonté ne puisse faire ? Elle peut
tout faire pour moi parce que sa lumière traverse toutes mes souffrances. Et je fais tout pour cette enfant. Nous alternons entre nous les veilles et les repos. Comme il est beau
de vivre dans mon Vouloir : la créature s’y trouve déjà dans nos propres conditions. Ce que nous voulons, elle le veut. Et voici la chose la plus sainte, la plus grande, la plus noble et la plus remplie de majesté de pureté : vouloir ce que Dieu veut. Vouloir ce que Dieu veut –
aucun acte ne parvient à une hauteur aussi sublime, à une valeur infinie. Dieu est saint, pur, ordre et bonté.
En voulant ce que Dieu veut, la créature veut ce qui est saint, pur et bon ; et avec la
plénitude de l’ordre, elle se sent renaître en Dieu, et elle fait ce que Dieu fait. Dieu fait tout,
embrasse tout et il est le mouvement de tous. Et cette âme concourt à ce que Dieu fait.
Pourrait-elle jamais faire un plus grand bien ? C’est pourquoi il n’y a rien qui puisse atteindre ou surpasser la vie dans mon Vouloir. Par conséquent, vit toujours dans mon Fiat et nous serons heureux, toi et moi. »

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Sur la sainteté: ce n’est pas ce que l’on croit !: voir la vidéo

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Messages du Cœur Eucharistique du Christ

(Messages à Sophie Prouvier, 1854)

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Plan:
– Histoire du Cœur Eucharistique de Jésus
– 1ère Élévation: Cœur Eucharistique de Jésus, je vous adore
– 2ème Élévation: Cœur Eucharistique de Jésus
– 3ème Élévation: Cœur Solitaire
– 4ème Élévation: Cœur humilié
– 5ème Élévation: Cœur délaissé
– 6ème Élévation: Cœur oublié
– 7ème Élévation: Cœur méprisé
– 8ème Élévation: Cœur outragé
– 9ème Élévation: Cœur méconnu des hommes
– 10ème Élévation: Cœur aimant de nos cœurs
– 11ème Élévation: Cœur suppliant qu’on l’aime
– 12ème Élévation: Cœur patient à nous attendre
– 13ème Élévation: Cœur pressé de nous exaucer
– 14ème Élévation: Cœur désirant qu’on le prie
– 15ème Élévation: Cœur foyer de nouvelles grâces
– 16ème Élévation: Cœur silencieux voulant parler aux âmes
– 17ème Élévation: Cœur doux refuge de la vie cachée
– 18ème Élévation: Cœur maître des secrets de l’union divine
– 19ème Élévation: Cœur de Celui qui dort, mais qui veille toujours
– 20ème Élévation: Cœur Eucharistique de Jésus, ayez pitié de nous

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Histoire du Cœur Eucharistique de Jésus:
Jésus dévoila son Cœur Eucharistique à Sophie Prouvier (1817-1891) dans la Chapelle du Refuge de Besançon. Sophie Prouvier est quasiment contemporaine de dom Guéranger, lui qui invitait les âmes à contempler le mystère insondable de l’Incarnation avec toutes ses immenses conséquences, le confessant sous les espèces eucharistiques, mis en lumière désormais sous le symbole du Cœur très aimant de Jésus.
Sophie eut deux révélations du Cœur Eucharistique : « Je voyais du tabernacle Notre Seigneur me montrer son Cœur navré de douleur devant le peu d’amour que lui portent les âmes favorisées de ses dons et admises à la communion fréquente : elles m’entourent, mais ne me consolent pas… Mon Cœur demande l’amour comme un pauvre demande du pain ». Puis s’adressant à elle : « Ton Cœur est il droit avec mon Cœur comme mon Cœur l’est avec le tien ? » Il lui dit aussi : « C’est mon Cœur Eucharistique. Fais-le connaître, fais-le aimer. »
De ces paroles du Seigneur, Sophie Prouvier a rédigé vingt Élévations sur la prière au Cœur Eucharistique de Jésus. C’est un jaillissement de vifs sentiments pour réveiller l’âme indifférente, l’âme rebelle ou tiède, en bref l’âme superficielle et mondaine.

Le bienheureux Pie IX et ses successeurs encouragèrent cette dévotion. Benoît XV reconnut le message et fit approuver une messe et un office en son honneur. Le Père Hermann Cohen comme aussi saint Pierre-Julien Eymard en propagèrent le culte. Mgr Brincard, évêque du Puy, a ravivé la flamme de cette dévotion. Il associa la prière au Cœur Eucharistique avec celle du Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, ce qui nous renvoie à la ferveur réparatrice des enfants de Fatima.

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1ère Élévation:
Cœur Eucharistique de Jésus, doux compagnon de notre exil, je vous adore

Réflexion. – Un compagnon d’exil, qui n’est pas un exilé, ne peut être que l’ami généreux de celui dont il par­tage volontairement la disgrâce. – d’où vient un tel héroïsme dans l’amitié ? Est-ce d’une grande intelligence ? non, c’est d’un grand cœur. L’intelligence peut éclai­rer le dévouement, l’admirer, mais elle ne l’inspire pas. Le cœur seul est capable des actes généreux, parce que ‘amour seul fait aimer le sacrifice, y trouver du bonheur : « l’amour ne connaît pas la peine, et, s’il y a une peine, cette peine se change en amour.»

Jésus. – L’homme n’a pas ici-bas de cité permanente et il cherche en gémissant le lieu de son repos. C’est dans l’Eucharistie que j’ai dressé ma tente, à côté de la tienne sur cette terre d’exil; ô mon peuple bien-aimé, j’ai voulu être à côté de toi, et là, j’ai fixé mes yeux et mon cœur: mes yeux pour suivre tes pas, voir tes travaux, tes combats, considérer tes épreuves et les compter; recueillir tes bonnes œuvres et les présenter à mon Père afin qu’il n’entre pas en jugement avec toi; mais qu’il pardonne tes péchés quand ton repentir touchera sa miséricorde; j’y suis avec mon cœur pour le consoler en partageant ta dou­leur, pour alléger ton fardeau, reposer ta fatigue, appuyer ta faiblesse et par-dessus tout te donner un breuvage mys­térieux, mêlé à un pain de vie, que j’ai préparé dans ma sollicitude de peur que tu ne défailles en chemin.

Mon tabernacle te protégera de son ombre durant le jour et il te sera une retraite assurée contre l’orage ; il portera mon nom, un nom nouveau que je n’avais pas encore mani­festé et qui sera désormais publié dans toute la terre. J’ai pour toi un cœur d’ami sincère, ne crains rien ; si tu me restes fidèle, je te porterai secours sur le lit de ta douleur et je retournerai ta couche dans tes infirmités.

Comme une mère caresse son enfant lorsqu’il pleure, de même, quand tes soupirs iront vers la patrie, je remplirai ton âme des plus douces consolations.

Mais prends garde, n’abuse pas de mes largesses, en me voyant ainsi abaissé jusqu’à toi. N’oublie jamais que ce cœur d’ami, venu du ciel, c’est celui du Seigneur ton Dieu.
(ref: coeureucharistique.fr)

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2ème Élévation: Cœur Eucharistique de Jésus

Réflexion. – Qu’est-ce que le Cœur Eucharistique, C’est le Cœur Sacré de Notre Seigneur Jésus-Christ nous aimant et voulant se donner à nous par le Sacrement de l’Eucharistie. Qualifier le Cœur de Jésus du titre de Cœur Eucharistique, c’est reconnaitre, pour y rendre hommage, l’immensité de son amour dans l’ensemble d’actes par lesquels il a conçu l’institution de la divine Eucharistie, l’a réalisée, l’a perpétuée, s’y est fixé, l’a universalisée et s’est donné à nous par elle, voulant y faire sa résidence et rester ainsi au milieu de nous.

Jésus. – Mon Eucharistie a été conçue au sein des pensées éternelles de mon Père, avec qui le Fils est un. C’est mon Père qui vous donne le vrai pain du Ciel, et moi, je vous donne mon cœur dans ce pain vivant qui est ma chair. J’ai annoncé mon Eucharistie par la bouche des Prophètes, je l’ai préparée dès ma naissance à Beth­léem, la maison du pain, et durant le cours de ma vie terrestre, la voilant d’abord afin de ménager la faiblesse humaine et prédisposer le monde à recevoir ce mystère d’amour trop élevé pour les intelligences encore dans les ténèbres. Je l’ai réalisée la veille de ma Passion dans l’un des derniers soupirs d’amour de mon cœur passible et mortel : « Hoc est enim corpus meum .» Je l’ai perpétuée en donnant à mes Apôtres le pouvoir de renouveler ce mystère en mémoire de moi : « Hoc facite in meam commemorationem » Je m’y suis fixé; le confident de mon cœur vous l’apprend: «Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin : cum dilexisset suos qui erant in mundo, in finem dilexit eos » – Enfin par l’eucharistie je me livre à vous tous les jours, afin que par la communion de mon corps, de mon sang, de mon âme et de ma divinité, tout mon être divin et humain soit en vous avec mon Cœur Eucharistique, et vous garde pour la vie éternelle’.
(ref: coeureucharistique.fr)

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3ème Élévation: Cœur Solitaire
Première plainte du Cœur Eucharistique de Jésus à l’âme indifférente

Réflexion. – Malheur à celui qui est seul, a dit l’Es­prit Saint ; Vae soli. L’isolement n’est pas dans l’ordre de la Providence. Dieu, la perfection infinie, a des relations divines, trois personnes sont dans l’Unité par essence : his tres unum sunt. Le cœur solitaire est donc toujours un cœur blessé, trompé dans ses affections, dédaigné dans ses dévouements, ou déçu dans ses espérances ; il s’est retiré des hommes, ou bien les hommes se sont éloignés de lui, et il est seul !

Jésus. – Je ne me suis pas retiré, c’est vous qui m’avez laissé ; « mes délices sont d’être avec les enfants des hommes », et ils m’ont abandonné, moi qui suis la source d’eau vive et ils se sont creusé des citernes sans eau. J’étais venu vivre avec eux sur la terre, ils m’ont fait mourir; j’ai répandu sur eux pour les sauver tout le sang de mon cœur: ils l’ont foulé aux pieds; – j’ai voulu les vaincre à force d’amour, je leur ai rendu ce même cœur ressuscité du tombeau; et de nouveau, je l’ai laissé sur la terre, non plus comme autrefois dans la Judée seulement; non plus sur un seul point du globe où il faille venir de loin me rendre les hommages qui me sont dus, mais, à côté de chacun des miens, à la porte de leur demeure ; non dans une arche d’or, mais captif dans leurs humides et froids tabernacles, moi le Seigneur votre Dieu, le Très-­Haut, le Puissant Roi du ciel et de la terre ! Et c’est là que depuis dix-huit siècles je tends vainement les bras, à un peuple rebelle que ses passions emportent loin de moi.

Je suis seul dans mon temple ; non seulement l’église où je réside est souvent déserte, mais quelquefois les portes en sont fermées. Qui pense à moi avec amour ?… Mon cœur est seul !…
(ref: coeureucharistique.fr)

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4ème Élévation: Cœur humilié
Deuxième plainte du Cœur Eucharistique de Jésus à l’âme rebelle

Réflexion. – Quand l’amitié doit régner entre deux êtres inégaux, c’est le plus grand qui doit commencer. Descendre à ce qui est petit n’est donc pas une humilia­tion ; c’est au contraire, quand un noble sentiment l’ins­pire, un signe de grandeur d’âme de celui qui s’incline ; et plus cette condescendance vient de haut, plus elle ho­nore celui dont elle vient et celui qui en est l’objet.

Ce qui humilie un cœur noble et généreux, trompé dans son estime et dans son affection par un être méprisable, c’est de l’en avoir jugé digne ; c’est de s’être mé­pris et de l’avoir élevé jusqu’à lui. L’avilissement du cou­pable ne l’atteint pas dans sa grandeur ; ce qui l’atteint au plus intime de lui-même, ce qui humilie son cœur, c’est de l’avoir aimé. [Du moins en est-il souvent ainsi, dans l’ordre des choses humaines, chez les cœurs magna­nimes, qui peuvent se tromper en donnant leur confiance à qui ne la mérite pas, par exemple chez un souverain tra­hi par un ministre indigne. Il y a quelque chose d’ana­logue en Notre-Seigneur, avec cette différence qu’il ne peut se tromper et qu’il ne donne pas imprudemment sa confiance, bien qu’il accorde ses dons à beaucoup qui dans la suite s’en montreront indignes.]

Jésus. – J’ai été abaissé par ceux que j’avais élevés, moi le Très-Haut. J’ai vu dans l’opprobre l’humanité dé­chue, et mon cœur s’est ému ; j’ai eu compassion d’elle à cause de sa faiblesse ; je l’ai aimée, et oubliant ses fautes, je l’ai prise pour mienne ; alors je l’ai couverte de mes bienfaits. Mon Père n’a pas trouvé dignes les holocaustes pour le péché et j’ai dit : « Me voici. » Je prendrai un corps, je vous l’offrirai pour sa rançon et je rachèterai la coupable ; je la purifierai, je parlerai à son cœur; elle comprendra son bonheur, sera touchée et se convertira. Après l’avoir rachetée de mon sang, je l’ai appelée à ma table ; et dans un ineffable Don, où j’ai rassemblé toutes mes merveilles, j’ai mis le comble à sa gloire ; je lui ai donné mon cœur, ne demandant que le sien pour toute reconnaissance.

Mais, hélas ! le cœur de l’insensé est comme un vase fêlé qui ne retient aucune sagesse, privée d’intelligence, l’insensée ne m’a pas compris, elle ne m’a pas aimé, s’est détournée et, comme l’animal immonde qui revient à ses vomissements, elle a préféré sa misère.

Aussi, ma douleur est au-dessus de toute douleur et mon cœur est triste, par ce qu’il est humilié dans ce qu’il avait aimé.
(ref: coeureucharistique.fr)

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5ème Élévation: Cœur délaissé
Troisième plainte du Cœur Eucharistique de Jésus à l’âme consacrée

Réflexion. – Le cœur délaissé est celui dont l’affec­tion, dignement placée, a été d’abord payée de retour. Il avait reçu de purs témoignages d’amour et des serments de fidélité ; mais l’ennemi du bien a tendu ses embûches, et la fragilité humaine a succombé : l’âme inconstante s’est lassée dans sa voie, elle a porté ailleurs les sentiments voués à un cœur vrai, qui n’avait rien fait pour les perdre et dont la plus grande souffrance ici-bas est d’aimer en­core, quand il n’est plus aimé.

Jésus. – Celui que j’aimais le plus s’est tourné contre moi. Et cependant, ne suis-je pas l’époux fidèle, l’ami sûr, le maître compatissant, le cœur parfait que vous sou­haitez ? Je vous avais appelée, quoique sans mérite de votre part ; vous êtes venue librement ; librement vous vous êtes donnée ; et moi je vous ai accueillie, je vous ai mise à la première place des enfants de mon peuple, je vous ai promis la plus belle part de mon héritage, et voilà que de propos délibéré vous vous êtes en allée. Devais-je donc m’attendre à une telle injure ? que puis-­je espérer désormais ? Du délaissement à la haine, il n’y a qu’un pas, car, tout différent du repentir, le remords d’une âme endurcie accroit son endurcissement, et, en effet, mes amis me traitent en étranger, mon serviteur ne répond plus à ma voix, mes servantes ne m’obéissent plus comme à leur maître, mes proches m’ont aban­donnés, et vous, destinée à être ma couronne de gloire, vous n’êtes plus aujourd’hui que la couronne d’épines de ma Passion eucharistique et le fer de lance qui s’enfonce dans un cœur vivant; mon sang est de nouveau profané, et il se répandrait avec l’eau de mes larmes, si je pouvais encore pleurer.

L’homme de ma paix en qui j’ai espéré, qui mangeait mon pain, a fait éclater sur moi sa trahison, aus­si ne m’offrez plus de vains sacrifices, l’encens m’est en abomination. Ô ma vigne choisie, je t’avais plantée, je t’avais entourée d’une haie protectrice… ; pourquoi au lieu du vin exquis, ne m’as-tu donné que des grappes sauvages ? …
(ref: coeureucharistique.fr)

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6ème Élévation: Cœur oublié
Quatrième plainte du Cœur Eucharistique de Jésus à l’âme tiède

Réflexion. – L’oubli du cœur est la suite du délaisse­ment, sa consommation. Il est ici la preuve la plus amère de l’indifférence, preuve d’autant plus amère au cœur oublié qu’il avait plus donné, tout donné, s’était donné lui-même. Dans un cœur où vit encore un reste d’ami­tié, le souvenir est un aiguillon qui souvent détermine le retour ; mais l’oubli, l’implacable oubli, immobilise l’abandon et laisse sa victime privée de toute espérance.

Jésus. – est-ce parce que je me tais et suis comme ne voyant pas que tu as oublié mon regard toujours diri­gé sur toi et que tes genoux se sont lassés devant moi ? Chère âme, naguère si pleine de vie, d’où vient que tu t’es alanguie, quand mon cœur épris d’espérance avait compté sur toi ? … Le pain dont je te nourris, n’a-t-il donc plus de saveur, ni le sang de mon cœur plus de cha­leur ? pourquoi es-tu devenue faible et tiède, pourquoi rien ne te réchauffe-t-il plus avec durée ? Tu es tiède. Oh ! mieux vaudrait que tu fusses froide, car les inefficaces désirs qui endorment ta vie, cesseraient de te tromper et de m’affliger. Malheur à celui qui fait l’œuvre de Dieu négligemment. Pauvre âme, tu vas à la tombe et tu ne le vois pas ! reviens, reviens à la source de vie, c’est parce que tu as oublié de prendre ta nourriture, que tu es deve­nue défaillante et sans force, cette nourriture de prières ferventes, de vertus solides, d’amour vaillant et surtout du Pain sacré qui donne la vie au monde. Peut-être ce pain, l’as-tu mangé, sans qu’il ait produit en toi son effet de vie. Ah ! c’est qu’il n’y a plus trouvé la force vitale cor­respondante à son action ! … Peut-être aussi dans ton état maladif, ne voulant pas te plaindre de toi, te plains-tu de moi, pauvre âme ! Eh bien, vois et réponds : Qu’ai-je dû faire que je n’aie pas fait ?

Cherche dans tes souvenirs, et considère ton exis­tence : ni les doux sentiments que je prodiguais aux faibles, ni l’épreuve que j’accorde aux forts, ni la péni­tence qui purifie, ni les contentements qui encouragent ne t’ont fait défaut, rien n’a manqué à ta voie, sinon la persévérance de ta bonne volonté. Ne te meurs pas ainsi : Surge. Lève-toi, sors de ta poussière, romps tes entraves, ô fille captive de Sion, réveille-toi Jérusalem, je vais ôter de ta main cette coupe d’assoupissement, prends ton lit et marche, ce lit de fatal repos, de rêves inquiets, et viens à ma maison, à mon tabernacle, c’est moi, c’est moi-même, qui rendrai la joie à ton âme, et avec la chaleur de mon cœur, le mouvement au tien, la vie à ta vie.
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7ème Élévation: Cœur méprisé
Cinquième plainte du Cœur Eucharistique de Jésus à ceux que le monde entraîne

Réflexion. – L’oubli, de sa nature, est silencieux. En amitié, c’est le sommeil du cœur ou son absence ; et le mépris en est le réveil mauvais. Un amour méprisé subit un affront poignant ; on lui a dit : j’ai autre chose en moi, et n’ai que faire de toi.

Ce froid mépris s’accentue dans un mot, un geste, une omission; et ce sont là autant de glaives pour le cœur méprisé, qui ensanglantent sa vie sans lui apporter la consolation de la lui ôter ; et souvent, ce qui est plus dur encore, sans lui ôter son amour.

Jésus – … Ego non sum de mundo: je ne suis pas du monde, parce que le monde n’a pas l’esprit de vérité en lui, et voilà pourquoi son mépris est tombé sur moi ; c’est à cause de cela aussi que ce mépris, tout en offensant ma justice, ne touche pas mon cœur. Mes amis, vous que mon Père m’a donnés, qui que vous soyez, n’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde.

Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui. Car tout ce qui est dans le monde est ou concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie ; et ceux qui se complaisent en ces choses et en eux-mêmes, ce sont eux qui sont le monde, mon ennemi et le vôtre, mes bien-aimés. Il cherche à vous séduire, et à cause de cela, je prie mon Père, afin qu’il vous préserve de l’esprit du monde et vous garde du mal. Mais cela n’est pas tout, il faut vous garder vous­-mêmes, en ne vous exposant pas au danger, car alors vous succomberiez, puisque vous exposer volontairement se­rait un commencement d’infidélité …

Ah ! vous qui êtes mes amis, laissez-moi confier en­core à vos cœurs l’affliction du mien ; un grand nombre d’âmes, hélas ! me sont ainsi ravies par le monde ; hier encore, elles étaient mes disciples fidèles partageant les doux mets de ma table ; et aujourd’hui, les voilà qui de­viennent mes ennemies. Déjà elles ne croient plus en moi, elles souffrent sans espérance et se jouent de mon amour. Ah ! j’ai nourri des enfants, je les ai élevés, et ils m’ont méprisé ! voyez s’il est douleur semblable à ma douleur. Ô mon peuple, comment pouvez-vous me traiter ainsi après tout ce que j’ai souffert pour vous racheter ? Vous du moins qui voulez me consoler, parlez à ces frères qui s’égarent, éclairez-les, touchez leurs cœurs et dites-leur ceci : Revenez à celui qui a rempli de joie votre jeunesse, rappelez-vous votre première innocence, ne consommez pas votre perte, mais retournez au Seigneur.
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8ème Élévation: Cœur outragé
Sixième plainte du Cœur Eucharistique de Jésus aux pécheurs

Réflexion. – L’outrage formel est le comble du mé­pris. Outrager quelqu’un qui nous aime est le dernier degré d’une odieuse cruauté, le dernier terme de l’abais­sement moral. Mais lorsque celui qui nous aime revêt toutes les supériorités, tous les titres à l’affection, tous les droits à la reconnaissance, l’outrage devient le pa­roxysme d’une démence coupable, et le malheureux qui en assume le forfait se réprouve lui-même : humiliata es usque ad inferos.

Jésus – Verbum iniquum constituerunt adversum me : ils ont élevé contre moi une parole inique. Comme une épouse outrageant son époux qui l’aime, ainsi m’a outragé la maison d’Israël. Je ne vous ai fait que du bien, ô vous qui vous éloignez de moi, et, par là, vous me plon­gez dans la tristesse. En vous faisant naître sous une loi de grâce, je vous avais déjà privilégiés ; mais, je ne suis pas seulement venu pour vous apporter la grâce du salut, j’ai voulu que vous l’ayez avec plus d’abondance et que vos corps y participent, recevant de mon cœur une nourri­ture céleste, qui les glorifie dès cette vie, en déposant en eux un germe d’immortalité. Et voilà que par vos pé­chés, vous souillez ces corps devenus mes membres, vous les faites servir à l’iniquité plutôt que de les respecter et d’attacher vos cœurs au mien. Vous n’avez pas voulu ser­vir le Seigneur votre Dieu : non serviam, avez-vous dit, je ne servirai pas, préférant vous conduire seuls.

Hélas ! avez-vous été plus vraiment libres, et votre bonheur est-il parfait ? Au lieu de ne servir qu’un Maître plein de sa­gesse et de bonté qui vous donnait la paix, vous vous êtes fait des dieux de toutes vos passions coupables et vous avez subi en esclaves leurs insatiables exigences.

Mainte­nant, à la poursuite du bonheur qui s’est enfui, vous cou­rez en criant : La paix ! la paix ! mais hélas ! il n’y a plus de paix pour l’impie, mes entrailles se sont émues, et mon cœur qui de son tabernacle vous entend et vous suit, sait incomparablement mieux que vous tout le mal que vous vous faites à vous-mêmes, et tout celui que vous pré­parez, si votre péché, malgré mes appels, reste toujours sans repentance.

Ah ! puisque vous n’êtes pas heureux, essayez au moins, maintenant, de retrouver ce qui peut vous donner la paix, ouvrez vos yeux et vos cœurs, re­connaissez votre péché et convertissez-vous, fils rebelles, revenez à moi votre père, et je guérirai le mal que vous vous êtes fait en vous détournant de moi.

Oh ! pasteurs fidèles, allez après eux avant qu’ils ne s’éloignent davantage, allez promptement, ceignez vos reins, retrouvez-les, rendez-les moi.

Et vous, âmes dévouées, qui connaissez les chemins de mon cœur, ses désirs et son ardent amour, faites pour ce peuple égaré une efficace pénitence : Filles de Sion, revêtez-vous de cilices et de cendres et pleurez avec moi ; sauvez-les, car je ne veux pas être consolé que mes brebis perdues ne m’aient pas été ramenées. Oh ! alors nul ne les ravira de ma main ! Et non rapiet eas quisquam de manu mea.
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9ème Élévation: Cœur méconnu des hommes
Septième plainte du Cœur Eucharistique de Jésus à tous les fidèles

Réflexion. – Quand on porte un nom célèbre, être méconnu et passer pour rien est simplement une erreur, qui ne peut blesser que la vanité. Mais être méconnu dans la droiture de ses pensées ou la pureté des senti­ments de son cœur, c’est une souffrance légitime parce qu’elle blesse la justice et une vérité à laquelle on a droit. Mais si l’être méconnu est un bienfaiteur insigne dont les actes généreux ont inondé la vie d’un être aimé, la souf­france est plus profonde parce que la blessure est dans le cœur en même temps que dans la justice et la vérité. Pour le cœur méconnu, il est encore une autre peine : forcé de mésestimer ceux qu’il aime, il est exposé à ne plus les ai­mer.

Jésus – Je suis venu à vous comme un Roi plein de douceur. J’espérais être compris et trouver des cœurs ou­verts dans lesquels il me fût possible de répandre toute la richesse de mon amour, l’avant-goût des joies du ciel et les contentements purs de la terre promis aux âmes de bonne volonté. Pour cela, je me suis donné comme nul ami, nul époux ne se donna jamais; je me suis livré en nourriture, je vous ai faits mes maîtres dans l’ Eucharistie où vous disposez de moi, à tout heure, je me suis laissé confiner dans d’obscures retraites, et là, au fond de vos pauvres tabernacles de pierre ou de bois, je suis demeu­ré, attendant que, touchés de tant d’amour et pénétrés de reconnaissance, vous veniez comme réchauffer mon cœur avec l’ardeur des vôtres; et voilà que je n’en suis pas moins au milieu de vous presque comme un inconnu. Lorsque vous rendez vos hommages à mon corps sacra­mentel, mon Cœur sacré, heureusement aimé dans ses autres demeures, est oublié dans l’Eucharistie, comme on oublie un mort enseveli depuis longtemps. Depuis long­temps en effet, je l’avais découvert aux miens, ce Cœur Hostie, mais ils ne l’ont pas reçu avec l’amour que j’avais lieu d’attendre. Cependant mes soupirs ont été enten­dus, et, connaissant tout le mal que vous vous êtes fait à vous-mêmes, mon cœur s’attendrit et il cherche quelque raison pour être indulgent …

Puisque je suis un Dieu caché, un Cœur voilé, me dis-je, n’ai-je point dû m’attendre à être quelquefois méconnu ? … ne vous pardonnerai-je pas ce long oubli de vos cœurs pour le mien, lorsque vous m’avez aimé de quelque autre manière ? Oui, je vous pardonnerai, mais puisqu’aujourd’hui vous le connaissez, aimez-le et ap­portez-lui votre amour au lieu qu’il a choisi pour se don­ner à vos âmes. Vous, adorateurs zélés de l’Eucharistie, vous, amis de mon Sacré Cœur, venez accroître encore, dilater, réjouir, compléter ici le culte que déjà vous me rendez ; venez fervents, venez tièdes, venez pécheurs, venez tous, et venez avec confiance si vous venez avec amour. Tout n’est pas perdu pour vous être un moment égarés, fussiez-vous même, hélas ! allés loin dans la voie du mal ; je sais le limon dont vous êtes formés, et puisque c’est mon cœur qui vous appelle, ne craignez point : ce qui est perdu, je le rechercherai ; ce qui est égaré, je le ramènerai ; ce qui est faible, je le fortifierai. Venez donc, et si vous apportez un esprit de paix pour me faire ou­blier votre ingratitude, je n’aurai qu’un même cœur avec vous. Or, maintenant que vous avez reçu mes plaintes et vous êtes humiliés, mon cœur va s’ouvrir à l’espérance et vous confier ses désirs.
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10ème Élévation: Cœur aimant de nos cœurs
Premier désir du Cœur Eucharistique de Jésus : nous rendre heureux

Réflexion. – Qu’est-ce que l’amour ? l’amour consi­déré en Dieu, sa source première, est Dieu lui-même. Dieu est amour : Deus caritas est. En Dieu tout est amour, jusqu’à sa colère ; ses châtiments sont un amour de jus­tice, et ses épreuves un amour de sagesse, comme ses bien­faits un amour de tendre dilection. Toutes les formes de l’amour parmi les hommes sont émanées en principe de cet océan divin : l’amour est né de Dieu; s’il reste pur, il remonte à son principe comme la rosée au firmament, et il retombe plus abondant sur le point d’où il s’est élevé.

Cette étendue sans limites et sans fond de la charité divine est tout à la fois océan et fournaise ; mais c’est un flot qui submerge sans engloutir, c’est un feu qui brûle sans détruire.

Aimer jésus, Fils de Dieu, oh ! le bienheureux incendie ! … le doux rafraichissement !

Jésus -Je t’ai aimé d’un amour éternel. Je t’aimais avant que tu fusses né, voilà pourquoi je t’ai donné la vie, ce trésor du temps avec lequel mes élus achètent les biens de l’éternité ; ne le dépense pas en vain, ce trésor de la vie humaine dont chaque parcelle contient en prin­cipe le bonheur parfait que tu rêves. Il ne sera complet que dans le ciel, il est vrai, mais dès ici-bas il a des avant-­goûts qui dépassent toutes les joies de la terre.

Pourquoi le cherches-tu hors de moi, ce bonheur, tandis que seul je le possède, et que seul je désire te le donner ? Peut-être ne descends-tu pas le demander aux sources empoison­nées, ce qui te rassure, mais tu ne te laisses pas davantage entraîner à l’odeur de mes parfums, et ton pauvre cœur, altéré et toujours vide par un côté, va se heurtant aux choses créées qui n’ont pas et ne peuvent pas te donner ce que tu mendies.

Ton cœur, c’est moi qui l’ai fait, et je l’ai fait à la mesure du mien, c’est-à-dire aussi grand que je voulais y verser d’amour. J’en connais donc l’étendue, c’est pour­quoi je te dis que jamais il ne pourra se suffire de ce que tu poursuis de meilleur.

Retourne-toi, chère âme, convertere, retourne-toi de grâce, et tu me rencontreras, car moi aussi je poursuis un objet qui me fuit, que je désire, que j’aime … ton cœur même, oui, comme s’il était indispensable à mon propre bonheur ; mais je le suis au tien, et ce m’est une même chose. J’ai soif, oui, de ta paix ; de ta joie, de la plénitude de ton être, c’est-à-dire de la plénitude de ton cœur en tant que je dois le combler. C’est donc l’un de l’autre que nous avons soif. Ah ! si tu connaissais le don de Dieu et quel est celui qui te demande à boire !

Si tu comprenais la valeur de ce don suprême ! Il n’est pas seulement l’eau vive, la grâce, il est l’auteur même de la grâce, la vie à sa source divine et son aliment céleste : le pain vivant qui sustente le monde, l’Eucharis­tie, le Cœur aimant vos cœurs et qui, pour ton bonheur, te supplie de l’aimer. « Mon fils, donne-moi ton cœur ». Praebe, fili mi, cor tuum mihi (Prov. XXIII, 26).
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11ème Élévation: Cœur suppliant qu’on l’aime
Deuxième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : être aimé d’un amour de préférence

Réflexion. – Ne paraît-il pas contraire à la dignité de solliciter l’amour ? D’où vient que le Cœur de Jésus semble s’abaisser à cette supplication ? C’est que aimer Dieu est dans nos intérêts, non dans les siens, et que s’il nous presse de répondre à son amour, c’est uniquement pour notre bien. Dieu n’a pas besoin pour lui de notre retour, trouvant en lui-même son infinie suffisance.

Cependant comme la nature du feu est de se com­muniquer et que la charité divine est un feu, il est de sa nature de se répandre ; or, le cœur de l’homme fait par Dieu à son image étant pour lui un objet de prédilection, il n’aura complété sa création que quand il l’aura rempli de son amour. Voilà pourquoi il le supplie de faire vivre en lui cet élément essentiel de son bonheur et cette gloire de l’œuvre de Dieu.

Jésus – Je suis venu apporter le feu sur la terre, et que désiré-je, sinon qu’il s’allume ? Ce feu que la terre ne connaissait pas avant que je vinsse lui apporter la loi d’amour avec ses grâces, il n’est pas un feu dévastateur ; depuis ce règne de l’amour, je ne suis plus dans les orages, ni dans les tremblements. Je suis la douceur, qui ne brise pas le roseau à demi rompu mais qui allume la mèche encore fumante.

Mon cœur ne s’impose pas, il sup­plie ; j’en appelle beaucoup à l’intimité de mon amour et plusieurs refusent, je frappe à la porte et souvent on ne m’ouvre pas ; mais je te supplierai de m’aimer, et avec tant d’instance que si ton cœur n’est pas de pierre, il se rendra.

Encore une fois, qu’ai-je dû faire que je n’aie pas fait pour toi ? Pour te gagner, j’ai revêtu ta nature et t’ai donné ma vie, je l’ai reprise afin de la donner encore pour toi : je me consume aujourd’hui dans l’Eucharistie, et là, plus à toi que jamais, en toi-même quelles ne sont pas les tendres insinuations de mon cœur pour triompher de ton vouloir, te faire choisir de préférence le seul bien qui ne laissera pas de vide en ton âme.

Je n’exige pas de tous un amour exclusif, et si tu n’y es pas appelé, donne-­toi à ceux que tu peux aimer ici-bas, j’y consens, puisque je t’en ai fait un devoir, mais aime-les avec mon cœur pour les aimer avec quelque chose de mon immuable tendresse. Médite et honore tous mes mystères, chacun en son temps, mais aime d’un amour de prédilection le mystère qui les renferme tous et qui tient de mon cœur d’être par excellence le sacrement de l’amour.
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12ème Élévation: Cœur patient à nous attendre.
Troisième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : nous voir correspondre à la grâce de son appel

Réflexion. – La longanimité et la clémence d’un être puissant, qui suspend le châtiment d’un coupable, atten­dant que le repentir, qui amène l’amendement, vienne suffire à sa punition. La longanimité est d’autant plus touchante, que celui qui attend pourrait forcer celui qui tarde à s’amender, mais il respecte sa liberté, préférant attendre pour devoir tout à sa volonté.

Jésus – L’attente du juste fait sa joie, parce qu’elle marque son espérance. L’objet de mes désirs, ô mon peuple, ne l’as-tu pas compris ? c’est de te voir marcher dans la voie des préceptes, c’est que, te rendant enfin à ma grâce, tu la secondes et accomplisses l’œuvre pressante de ton salut, marchant jusqu’au terme sans t’arrêter désor­mais.

Mon Père parlait autrefois aux patriarches et ne dé­daignait pas de descendre avec eux aux moindres détails de la loi pour l’accomplissement de sa volonté sainte. Moi, son Verbe, qu’il a envoyé parler en son nom en vous disant : « C’est mon Fils bien-aimé, écoutez-le », je vous ai apporté la loi de grâce, et pendant ma vie mortelle je vous l’ai enseignée.

Mes trente années d’obscurité vous ont montré l’humilité, qui doit longuement poser la base des œuvres divines dans une vie intérieure et cachée; mes trois années de prédication vous ont dit comment la vie active doit s’unir dans une mesure moindre à la vie contemplative pour former en vous cette vie mixte dont j’ai donné l’exemple; et ma Passion et ma mort, en vous purifiant de mon sang, vous ont révélé la part de péni­tence que j’ai faite pour chacun de vous et celle qui vous reste à faire vous-mêmes pour qu’elle soit complète.

Toutefois ces enseignements, si frappants soient-­ils, complétés par la parole du Saint-Esprit et la lecture des Livres saints, n’auraient pas suffi devant votre inca­pacité et pour que vous arriviez à compléter l’œuvre de votre salut ; il m’a fallu ajouter, à ma vie mortelle, ma vie eucharistique, établie à me permettre de la verser en vous, afin qu’une vie forte et puissante vînt sans cesse renouveler les appauvrissements continuels de la vôtre, causés par le péché.

Mais encore une vie simplement vivante vous apportant un germe d’immortalité ne vous aurait pas contentés, il vous fallait une vie aimante qui vous instruisît par l’amour ; voilà pourquoi je vous ai donné mon Cœur, et pourquoi ce Cœur vous appelle, vous aspire, avec un très vif désir vous attend.

Donc, ô mon peuple, applique ton cœur, de tes yeux vois, de tes oreilles écoute cette fois et réponds à ma voix, car si tu tardes encore, peut-être quand tu viendras, ne sera-t-il plus temps.
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13ème Élévation: Cœur pressé de nous exaucer
Quatrième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : notre Médiateur auprès de son Père

Réflexion. – Savoir vouloir et savoir attendre sont la marque d’une grande force et d’une grande sagesse. La mesure d’un désir est en rapport avec l’ardeur du cœur qui l’éprouve ; et si ce désir est dans l’ordre, il s’accroit de son excellence.

D’après cela on peut comprendre quelle est la force des désirs de Jésus par rapport à nous, et quelle inqualifiable violence et faite à son Cœur quand notre force d’inertie annule son désir de nous accorder ce qu’il sait nous être nécessaire ; il pourrait nous incliner tout de suite à le vouloir, mais c’est alors qu’il s’impose d’attendre, car sa sagesse qui atteint avec force d’une extrémité du monde à l’autre, dispose tout avec douceur.

Est-ce à dire que notre inertie a une puissance supé­rieure à la volonté de Dieu pour lui faire obstacle ? Non, certes, rien ne résiste à la volonté divine quand elle est absolue, mais celle qu’il daigne exprimer comme un dé­sir n’est qu’une volonté relative à la liberté que lui-même nous a laissée. Toutefois, ce royal désir n’en est pas moins un ordre pour le sujet docile ; refuser de s’y conformer serait une révolte.

Jésus – Mon désir est d’être votre Médiateur. Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous le don­nera. Demandez et vous recevrez. Vous ne demandez pas assez. La flèche lancée vers son but, l’éclair qui sillonne la nue, ne sont pas aussi rapides que l’élan de mon Cœur offrant à mon Père la supplication pure. Hier je voulais bien attendre, aujourd’hui je veux me hâter, car il se fait tard, le jour est sur son déclin.

Vos jours sont comptés et le temps presse, car il passe ; vous l’avez perdu à me faire attendre : regagnez-le et avancez maintenant. Les besoins sont grands : les âmes se perdent, l’Eglise souffre, je reste méconnu et mon Père est offensé.

La charité me presse, il faut que la charité de la terre appelle la charité du ciel, il faut que la misère implore la miséricorde. Je suis pressé comme on l’est dans l’angoisse du cœur devant le péril imminent de ceux qu’on aime : envoyez donc vers moi vos plus pressantes supplications.

Je suis le seul in­tercesseur près de mon Père, ne l’oubliez pas, le seul à être parmi vous capable de lui offrir une prière digne de lui, parce que je suis « l’Homme-Dieu », l’homme sans reproche, pressé d’intercéder pour le peuple, présentant le bouclier de son ministère avec vos supplications pour détourner la colère du Seigneur.

C’est pour cela que je me suis placé entre la terre et le ciel dans les tabernacles de l’Eucharistie, adorateur en votre nom et médiateur près de mon Père ; que votre supplication soit instante, confiante, persévérante et désintéressée.
(ref: coeureucharistique.fr)

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14ème Élévation: Cœur désirant qu’on le prie
Cinquième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : la louange divine

Réflexion. – Le désir d’accéder à une demande révèle un grand amour et un cœur doublement généreux, qui, non content de donner, prévient celui qui doit le préve­nir, afin de donner plus vite ; c’est en outre une grande humilité. Jésus s’incline vers nous, et c’est en quoi consiste l’humilité de Dieu. Mais c’est moins la prière de supplication que celle de louange qui est ici l’objet du désir de Jésus.

Jésus – Vous qui bénissez le Seigneur, relevez sa gran­deur autant que vous le pourrez, car il est au-dessus de toute louanges, et fortifiez-vous de plus en plus, afin de ne pas vous lasser, car vous ne comprendrez jamais ce qu’il est et ce qu’il mérite. Que votre prière soit conti­nuelle. Venez, adorons-le, car mon Père est aussi votre Père dans les cieux. Priez avec moi, par moi et en moi, afin que votre hommage lui soit agréable.

Que son nom soit sanctifié, comme il doit l’être ; que tous les hommes le connaissent et proclament son nom trois fois saint. Il ne règne pas dans tous les cœurs, hélas ! Ah ! demandez que ce règne arrive et qu’il étende ses bienfaits sur toute la terre ; que les nations se conver­tissent à la foi et mon Eglise, mon épouse, règne aussi triomphante à côté de moi ; que tous les hommes soient frères et ne forment entre eux qu’un cœur et qu’une âme pour aimer et louer le Seigneur tout-puissant. Avec toutes les créatures, publiez ses grandeurs, et vous qui avez une âme créée à son image, manifestez sa gloire par la sagesse de votre conduite.

Que sa volonté surado­rable et infiniment sage soit accomplie avec allégresse de l’orient à l’occident, comme dans l’étendue des cieux, car il est le souverain monarque de l’univers. Et maintenant ce qu’il faut louer de toutes vos voix et de tous vos cœurs, ce qu’il faut exalter nuit et jour avec transport, avec in­cessante action de grâce et perpétuelle adoration, c’est la donation suprême de ce pain vivant descendu du ciel, de ce pain quotidien de vos âmes, pétri de mon sang divin et qui est ma chair, lequel vous a été donné par mon Père, lui donc le nom est grand parmi les nations et pour qui est offerte en tous lieux, depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher, une oblation pure.
(ref: coeureucharistique.fr)

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15ème Élévation: Cœur foyer de nouvelles grâces.
Sixième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : être honoré comme Cœur Eucharistique

Réflexion. – Un foyer est le centre d’un rayon­nement de lumière et de chaleur. Lorsque d’un point jusque-là ignoré s’échappe un rayon lumineux, lorsque par exemple une étoile apparaît, une vérité se promul­gue, tout cela semble être nouveau, et pourtant il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

Jésus-Christ en apportant la loi nouvelle n’en créait pas les vérités : ce que je vous dis, je ne dis pas de moi-même, mais de mon Père qui m’a envoyé.

Donc les étoiles, non plus que les vérités dog­matiques, ne sont nouvelles que pour arriver à leur mo­ment. Les étoiles mettent des siècles à faire parvenir leur lumière, et les vérités nouvellement proclamées ne sont que les rayons de ce foyer éternel, de cette beauté an­cienne et toujours nouvelle.

C’est ainsi que la dévotion au Cœur Eucharistique de Jésus, n’est pas nouvelle, mais splendeur de son divin objet plus explicitement montré, elle est un foyer de nouvelles grâces brillant d’un éclat nouveau, et le révélant toujours davantage, le fait aimer plus parfaitement.

Jésus – Voilà que je vais faire des miracles nouveaux, c’est-à-dire que c’est maintenant qu’ils vont paraitre : vous me connaîtrez, si vous entrez dans la voie que je désire.

Une des peines les plus amères de ma vie eucha­ristique a été le retardement que mes amis ont appor­té à venir consoler mon Cœur auteur de ce don. Il y a deux siècles que, découvrant ce Cœur à ma fidèle ser­vante, j’ai fait connaître ma soif si ardente d’être honoré des hommes dans le Saint-Sacrement, et on n’a pas tenu compte de mon désir, mon Cœur eucharistique n’a pas été reconnu hautement dans cette manifestation suréminente de mon amour envers vous.

Si je me fusse contenté des hommages rendus à mon corps sacré dans l’Eucharistie, « Corpus Christi », je n’aurais pas dit qu’il n’y avait presque personne qui s’efforçât selon mon désir de me désaltérer, usant envers moi de quelque retour, puisque j’avais des adorateurs ; mais ce culte que j’ai demandé aussi et qui m’est rendu avec tant de pompe, satisfait seulement à un premier devoir.

De même les triomphes de mon Sacré-Cœur m’ont aussi consolé de l’ingratitude des chrétiens, et cependant cette louange universelle qui me réjouit en s’adressant surtout à l’amour, aux souf­frances, aux vertus de mon état passible et mortel, me laisse toujours à désirer que mon Cœur soit honoré des hommes dans le Saint-Sacrement. Telle est encore ici l’expression de mon désir extrême : « la soif ardente qui me dévore et dont je demande avec instance depuis plus de deux cents ans à être désaltéré.

Ah ! si vous m’aimez, donnez enfin à mon Cœur Eucharistique, à lui aussi, la compagnie d’un cœur ami sur la terre d’exil. Venez à ce Cœur qui vous a tant aimé et qui vous aime tant encore que, malgré vos ingratitudes, il veut demeurer avec vous et que pour cela, il a obtenu de ma puissance le plus grand, le plus inconnu des prodiges : l’institution de la sainte Eucharistie, nouvelle et sublime émanation de mon éternelle charité.

Venez vous réchauffer à ce feu rajeuni, venez à ce Cœur, lumière des cœurs, lumen cordium, glorifiez-le, vous qu’il a choisi pour le désaltérer, venez, et des grâces nouvelles inespérées, abondantes, vous seront accordées à vous, à vos maisons, à vos familles, à vos œuvres.

Je convertirai vos pécheurs, je guérirai vos malades, à mon tour je comblerai vos saints désirs ; enfin, je ferai avec vous une alliance de paix ; j’oublierai vos prévarications. Je serai à l’égard d’Israël comme une rosée de printemps.
(ref: coeureucharistique.fr)

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16ème Élévation: Cœur silencieux voulant parler aux âmes
Septième désir du Cœur Eucharistique de Jésus :Jésus désire qu’on l’écoute et qu’on adhère à lui

Réflexion – Quelle est cette apparente contradic­tion ? un silence qui veut parler ? – Le silence, ordinaire­ment, ne dit qu’une chose, c’est qu’on ne veut rien dire ; il est bien quelquefois la plus éloquente expression d’un sentiment profond de l’âme, mais cette éloquence n’est que transitoire et ne constitue pas un entretien propre à instruire et à toucher les âmes. Ce prodige ne peut ap­partenir qu’à la puissance divine. En effet, quelle autre langue pourrait être la langue de Dieu?… C’est dans le silence que les anges s’entendent avec sa Majesté ; et aussi que les saints ici-bas traitent avec Elle : Ma bouche est sans paroles devant vous et mon silence vous parle. Mais s’il est un lieu ici-bas où le Cœur de Dieu se répand sans bruit de paroles, c’est bien dans le Sacrement de son amour ; aussi, pour nous initier à ce merveilleux langage, le Cœur Eucharistique de Jésus y convie les âmes : car, de même que les autres langues, celle-ci ne s’apprend que par l’usage.

Jésus – Je mènerai l’âme dans la solitude, et là je lui parlerai au cœur. Je ne suis pas dans le bruit. Je me tais quand l’impie me brave, quand des mains ou des lèvres sacrilèges profanent mon corps sacré, parce que ma parole serait alors une flèche aiguë, tandis que mes anathèmes sont contenus dans ma patience éternelle. Mais je parle à ceux qui me cherchent, et ceux-là me trouvent, ils entendent ma voix. Ô brebis fidèle, toi qui sais me répondre quand je dis : Viens ! et toi qui en­tends, mais ne viens pas toujours, je m’adresse à vous au­jourd’hui, apprenez à écouter. Mais quelle est cette solitude où je vous conduis pour entendre le doux murmure du langage du ciel ? c’est le tabernacle du Sauveur, l’éloi­gnement du monde, l’oubli des créatures, l’apaisement des passions, l’absence de tout milieu entre vos âmes et mon esprit d’amour. Recueillez-vous et faites silence au moins « une demi-heure » et puis encore après, car si j’allais vous parler, moi, le Seigneur votre Dieu, et que vous ne m’entendissiez pas !!! Donc, soyez aux écoutes de mon Cœur silencieux dans l’Eucharistie, qui veut parler à vos âmes.

Mais il ne suffit pas d’écouter, il faut adhérer : ma parole est pénétrante, elle descend avec suavité dans le fond de l’être pour le vivifier ; c’est un acte, elle fait ce qu’elle dit : adhérez à cet acte, correspondez à la grâce. Mon Père dans son éternel silence a prononcé en lui­-même une éternelle parole, son Verbe, splendeur de sa substance : Jesus Splendor Patris, et vous avez adhéré au Verbe en croyant en moi. Et moi, j’ai conçu dans mon Cœur une parole que j’ai dite à la fraction du pain : Hoc est corpus meum, hic est sanguis meus : Ceci est mon corps, ceci est mon sang. Cette parole sacrée, oh ! n’est-elle pas le rayonnement voilé de ma propre substance ? Adhérez à mon Sacrement, ô mes bien-aimés, en vous nourrissant de ce pain et en adorant avec transport le Cœur de Ce­lui qui vous l’a donné. Ah ! puissent les artères de votre cœur adhérer à ce Cœur même ! Alors vous réaliserez mon désir le plus ardent et celui de mon Père : que vous soyez un avec moi et par moi en Lui, per eumdem Chris­tum Dominum notrum.
(ref: coeureucharistique.fr)

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17ème Élévation: Cœur doux refuge de la vie cachée
Huitième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : notre refuge au saint Tabernacle

Réflexion – Un refuge est un lieu de salut, un lieu assuré contre le danger ; lieu interdit ou inaccessible au droit ou à la force. Les églises offraient autrefois cet in­violable droit d’asile aux criminels poursuivis par la jus­tice. Touchante figure de la miséricorde divine, précieuse allusion à la tendre compassion du Cœur Eucharistique de Jésus qui, ne pouvant s’ouvrir à des pécheurs non repentants, leur ouvre du moins son sanctuaire, essayant de les gagner à lui pour les sauver.

Jésus – Je suis un Dieu caché, le Dieu et le Sau­veur d’Israël, et, m’étant montré une fois parmi les hommes, j’ai dû, moi le premier, pour me soustraire à leurs poursuites, me réfugier dans un sanctuaire… dans mon Eucharistie, afin de ne plus mourir de leurs mains.

Là quelques-uns continuent encore à me poursuivre, en élevant contre moi leurs clameurs impies, mais leurs coups ne blessent que mon Cœur, et je peux subir leurs outrages sans être forcé de les quitter. S’ils me chassent de ma frêle enveloppe en la détruisant, je me retire dans ma gloire, mais aussitôt je reviens parce que je vous ai promis de demeurer avec vous jusqu’à la fin !

A vous aus­si, mes amis qui me suivez dans mes abaissements et vivez méconnus en butte aux traies du monde, ne faut-il pas un refuge sur cette terre et un lieu de repos ? Ah ! que ce soit le tabernacle de Dieu avec les hommes, venez vous y cacher avec moi en Dieu mon Père ; venez y chercher abri contre le poids du jour et de la chaleur, contre l’es­prit des ténèbres qui rôde pendant la nuit.

Venez, vous qui souvent consolez ma tristesse, je consolerai la vôtre, et ces autres peines secrètes que vous ne confiez à per­sonne. Frappez à cette petite porte, et j’ouvrirai toujours. L’enfant effrayé qui se jette sur le sein de sa mère émue, le fils égaré qui se réfugie dans les bras d’un père attendri, ne trouvent rien d’aussi doux que la douceur de ce repos sous mon toit sacré, après la fatigue du travail et dans les lassitudes des combats de la vie.

Là, comme autrefois le disciple bien-aimé appuyé sur mon cœur, vous apprendrez à le connaître ; et quand vous le connaîtrez, vous n’en sortirez plus, car votre cœur fait à son image ne pourra jamais se contenter que de lui.
(ref: coeureucharistique.fr)

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18ème Élévation: Cœur maître des secrets de l’union divine
Neuvième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : Jésus désire que les âmes lui soient intimement unies

Réflexion – C’est un Maitre, magister : il enseigne ; c’est un Maître encore, possessor : il possède, il a de grands biens ; et enfin, il est Maitre, dominator : il commande à tous. Ce Maître est-il enflé de sa science ? est-il pos­sesseur égoiste ? est-il autoritaire, despote ?

Non, car ce Maître, c’est l’amour même, à la fois science, don et com­mandement. Comme il doit être doux d’écouter ses le­çons, de recevoir de son abondance, d’obéir à ses ordres et d’obtenir ce qu’on souhaite, sachant que son désir est de se donner !

Jésus – C’est vous, Père saint, qui avez dit ces pa­roles : Voilà mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toutes mes complaisances, écoutez-le. Ecoutez-moi donc ici, non plus au Thabor, mais sur cet autel, où, de mon ta­bernacle, je possède, enseigne et donne le secret de cette douce union.

Que vous dirai-je à vous, chères âmes qui me demandez ces secrets que je désire vous révéler et que vous-mêmes cherchez à votre insu quand vous cherchez instinctivement le bonheur, parce que le bonheur parfait, c’est tout le bien et que cette plénitude se trouve seule­ment dans l’union intime avec celui qui la possède et veut bien la donner ? Donc, vous qui désirez connaître ce qui est entre mon Père et moi, soyez un en nous comme mon Père est en moi et moi en Lui.

Mais venez à moi d’abord, car je suis la voie ; venez au saint Tabernacle où je fais ma résidence, où je suis établi docteur, maître et dispensateur des richesses de mon Père avec lequel je ne fais qu’un.

Mais comment vous dire dans un autre lan­gage que celui des anges les séraphiques mystères de ce bonheur suprême dont vous pouvez dès ce monde recevoir l’avant-goût ? et ce langage, le comprendrez-vous ? Il est doux, car il est tout amour ; mais parfois il est dur à entendre parce qu’il exclut l’esprit raisonneur et confond le superbe ; l’amour ne raisonne pas, il enseigne sans dis­cours, puisque son enseignement c’est d’aimer.

« Aimer de tout son esprit », c’est cela : c’est le réduire au silence pour l’amour de Dieu. Ici, l’amour donne l’intelligence, c’est la science du cœur. Si donc vous voulez encrer dans ces ineffables secrets, abîmez vos raisonnements dans la foi, et la charité vous obtiendra la lumière. Voilà en quoi consiste le secret de la sainte union sur la terre comme dans le ciel ; apportez-y seulement un cœur simple ou désireux de l’être, le silence de l’humi­lité avec la persévérance du désir, et bientôt vous saurez tout par une heureuse expérience.

La science qui cherche autrement les secrets de Dieu peut apporter des jouis­sances à l’intelligence, mais comme la science humaine a des bornes, le plaisir qu’elle donne reste incomplet, il en résulte qu’elle creuse la vie ou enfle le cœur, et un cœur vide ou un cœur enflé est un cœur malade qui ne saurait goûter la paix. Priez donc le Très-Haut, afin qu’il vous conduise dans les droits chemins de la vérité.
(ref: coeureucharistique.fr)

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19ème Élévation: Cœur de Celui qui dort, mais qui veille toujours
Dixième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : la charité fraternelle

Réflexion – Dans son tabernacle comme dans la barque agitée par les flots, Jésus dort; mais c’est là surtout que son Cœur veille sur son Eglise éprouvée et sur chacun des membres qui la composent.

Dormir est le signe du repos, veiller est celui de la sollicitude ; dormir et en même temps veiller est le signe de la puissance et de l’amour : de la puissance qui ne craint rien, parce qu’elle peut le bien qu’elle veut ; de l’amour qui craint tout, parce que l’objet de sa sollicitude peut vouloir s’écarter de ce bien. Et c’est là la seule crainte de Dieu.

Jésus – Je dors et mon cœur veille. Je dors parce que je suis impassible dans mon éternel repos. Ma puissance ne m’a rien coûté et vous ne pouvez pas me l’enlever ; c’est pourquoi je dors. Mais vous avez coûté à mon Cœur et vous pouvez lui ôter ce qu’il aime ; voilà pourquoi je veille.

Au jardin des Oliviers, ma veille était douloureuse ; au Tabernacle où je veille encore, je suis souvent délais­sé ; venez quelquefois veiller une heure avec moi, parce que Satan, lui aussi, veille comme un loup ravisseur, et mes enfants trop faibles se laissent arracher de mon sein ; veillez donc, et pour consoler mon Cœur, priez pour eux afin qu’ils ne défaillent pas.

Veillez sur vous d’abord, et puis étendez votre sollici­tude sur ceux dont vous êtes les maîtres ou les amis ; s’ils font mal, avertissez-les, le faisant toutefois avec douceur et modestie, car il faut qu’il y ait entre vous pour vos infirmités une bonté compatissante, une amitié de frère ; mais si vous ne pouvez rien, soit au corps, soit à l’âme de ceux qui vous sont donnés, continuez néanmoins à les aimer, à veiller sur eux, à prier pour eux.

Si un ami vous afflige, je vous en conjure, redoublez de charité en­vers lui, et ne voyez pas une poutre là où il n’y a qu’une paille. Elargissez vos cœurs. Soyez bons comme mon Père est bon.

Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Le moyen d’être aimé et toujours pardonné, c’est d’aimer et de pardonner jusqu’à soixante-dix fois sept fois, c’est-à-dire toujours, et vous aurez droit à tous les pardons : dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris.
(ref: coeureucharistique.fr)

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20ème Élévation: Cœur Eucharistique de Jésus, ayez pitié de nous
Onzième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : respect et invocation de son nom

Réflexion – Votre nom est comme une huile répan­due, une huile odoriférante, qui embaume et adoucit tout. Ce nom, il dit le Cœur, c’est-à-dire l’amour, la bon­té ; il dit l’Eucharistie, c’est-à-dire la grâce, l’action de grâces, la bonne grâce, la beauté ; il dit Jésus, c’est-à-dire Sauveur, nom sacré devant lequel tout genou fléchit dans le ciel, sur la terre et dans les enfers, et ce nom, joint à celui d’Hostie, émeut toute âme chrétienne ; Cœur Eu­charistique de Jésus, ce n’est plus la Majesté qui s’ impose, c’est la puissance de la charité, qui chasse la crainte et fait ployer avec les genoux, le corps et l’âme tout ensemble, ineffablement prosternés, pendant que le cœur s’élève et soupire avec l’accent de la confiance : Ayez pitié de nous !

Jésus – Dieu dit à Moise : « Je suis Celui qui suis. » Voici, ajouta-t-il ce que vous direz aux enfants d’Israël : le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous. Le premier nom est celui que j’ai de toute éternité, ce­lui-ci me servira de mémorial de génération en généra­tion.

 Je veux aujourd’hui m’approprier cette parole de mon Père à Moïse, car « tout ce qui est à mon Père est à moi », et « tout ce qui est à moi est à mon Père ». Le nom que je me suis donné, ne m’est-il pas donné par Lui, puisque ce que je vous dis, je ne le dis pas de moi-­même, mais de mon Père qui demeure en moi et qui fait lui-même les œuvres que je fais.

Ce dernier nom de mon cœur est le signe de mon amour par excellence, celui de ma nouvelle alliance avec vous et celui qui sera de généra­tion en génération le mémorial de mon dernier sacrifice pour votre salut ; rendez-lui donc honneur et gloire, et ne m’honorez pas seulement du bout des lèvres; mais que vos prières, vos louanges, vos adorations, fassent monter constamment un pur encens. Faites connaitre, faites aimer, faites glorifier mon Cœur Eucharistique et, je vous le répète, j’exaucerai vos prières et je vous bénirai.  
(ref: coeureucharistique.fr)

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Citations par thème

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Thèmes:
– Amour du prochain
– le Salut
– Honneur et gloire personnelle
– Humilité
– Jésus guérit du péché
– la Sainteté

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Amour du prochain:

« Vous êtes chrétiens et ce nom signifie ami des hommes : imitez l’amour du Christ.»
(St Astère – de la revue Magnificat)

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Humilité:

« Rien de mesquin dans l’amour, rien de méprisant;
c’est dans l’amour que tous les élus de Dieu ont obtenu la perfection. »
(St Clément de Rome – de la revue Magnificat)

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Le Salut:

« Prenant la forme d’un esclave, le Christ prend une forme qui lui est étrangère et me porte en lui-même, avec mes faiblesses.
Ainsi fait-il disparaître en lui ce que j’ai de mauvais, comme le feu fait fondre la cire. »
(saint Grégoire de Nazianze – de la revue Magnificat)

« À l’ombre de la croix, vous êtes à l’abri des tempêtes violentes qui ébranlent et déracinent les cèdres les plus élevés. Au seul nom de Jésus, les doutes disparaissent et les craintes s’évanouissent.»
(Mère Saint-Louis – de la revue Magnificat mars 2026)

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***

Honneur et gloire personnelle

« Ce que nous devons faire, nous aussi : fuir tout honneur et toute gloire, à cause de la richesse débordante d’amour du Seigneur qui nous a tant aimés. »
(St Diadoque de Photicé – de la revue Magnificat)

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Jésus guérit du péché:

« Ce regard de colère, cette tristesse de Jésus sur l’aveuglement des cœurs correspond à son humanité qu’il a voulu recevoir pour nous. Joignant le miracle à sa parole, c’est à sa voix seule que le paralytique a été guéri : étendant sa main, elle a été rétablie, et en défense de ses disciples, Jésus s’est montré lui-même au-dessus de la Loi.
Si nous entrons dans le mystère, cet homme à la main desséchée désigne le genre humain desséché pour ce qui est de produire une œuvre bonne, mais guéri par la miséricorde du Seigneur : en ses premiers parents, il fut desséché lorsqu’ils cueillirent le fruit de l’arbre défendu, mais il fut sauvé et rétabli en cette capacité d’agir bien par la grâce du Rédempteur, lorsque celui-ci étendit ses mains innocentes sur l’arbre de la croix.
Celui qui n’agit pas selon la justice a sa main droite desséchée : lorsque notre main se porte à des œuvres interdites, elle se dessèche pour ce qui est de faire le bien ; mais elle retrouvera la santé lorsqu’elle sera rétablie dans la vertu, et c’est pourquoi le Christ dit : « Relève-toi [sous-entendu de tes péchés], et mets-toi debout ! » Et alors, il ne péchera plus, ni par défaut, ni par excès. »
(St Thomas d’Aquin, o.p. – de la revue Magnificat)

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Sur la sainteté :

(ref: vidéo de Benoît (chaîne Ignis))

« Tu crois que je suis un saint, mais tu ne sais donc pas que ce soir même je pourrais coucher avec une prostituée si le Christ ne me soutenait pas ! »
(Saint François d’Assise, quand un jeune l’avait appelé ‘le saint’)

« Seigneur, prends garde à moi ! Si tu ne me préserves pas par ta grâce, je te trahirai aujourd’hui et je commettrai à moi tout seul tous les péchés du monde entier. »
(Saint Philippe Néri)

« Si Dieu ne m’avait enfermée dans un cloître, j’aurais fini mes jours dans une prison perpétuelle ou sous la hache du bourreau. »
(Sainte Marie-Madeleine de Pazzi)

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Sainte Marguerite-Marie Alacoque

(la voyante du Sacré-Cœur de Jésus)

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(réf: Livres Mystiques.com)

« Voici la plaie de mon Côté, pour y faire ta demeure perpétuelle. »

« C’est où tu pourras conserver la robe d’innocence dont j’ai revêtu ton âme, afin que tu vives désormais de la vie d’un Homme-Dieu ! Vivre comme ne vivant plus, afin que je vive parfaitement en toi, ne pensant à ton corps et à tout ce qui t’arrivera comme s’il n’était plus; agissant comme n’agissant plus, mais moi seul en toi. Il faut pour cela que tes puissances et tes sens demeurent ensevelis dans moi et que tu sois sourde, muette, aveugle et insensible à toutes les choses terrestres: vouloir comme ne voulant plus, sans jugement, sans désir, sans affection et sans volonté que celle de mon bon plaisir, qui doit faire tous tes délices;
ne cherchant rien hors de moi, si tu ne veux faire injure à ma puissance, et m’offenser grièvement, puisque je te veux être toutes choses (ndlr: comprendre: Je veux être toute chose pour toi) »
(M.-M. Alacoque, Biographie, p. 38)

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***

« Apprends que, plus tu te retires dans ton néant, plus ma grandeur s’abaisse pour te trouver. » 

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« Je suis pour jamais à mon Bien-Aimé, son esclave, sa servante et sa créature, puisqu’il est tout à moi, et suis son indigne épouse: sœur M-M, morte au monde, Tout de Dieu et rien de moi ! Tout à Dieu, et rien à moi ! Tout pour Dieu et rien pour moi ! »
(M-M Alacoque, Biographie, p.39)

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Sainte Gemma Galgani

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Références externes:
Autobiographie
Sa vie
L’Heure Sainte (telle que utilisée par Gemma Galgani)
Sur l’eucharistie:

Voir aussi (ci-dessous): Extraits de la vie de Gemma Galgani

« Oui, Jésus montre toute Sa douceur dans le Saint-Sacrement. Mais comment se fait-il qu’une Majesté si grande puisse supporter la présence d’une créature si indigne ? Ne voit-Il pas mon ingratitude ; ne voit-Il pas mon cœur ? Et pourtant, Jésus me supporte et m’aime. Oui, Jésus m’aime, pauvre comme je suis, comment pourrais-je alors ne pas aimer Celui qui est si riche et tout-puissant ? »

«Que deviendrais-je si je ne consacrais pas toutes mes affections à la Sainte Hostie ? Oh oui, je le sais Seigneur ; que pour me faire mériter le paradis au ciel, Vous me donnez la Communion ici sur terre !»

«Je suis à Toi, ô Jésus. Tu as de bonnes raisons de te plaindre de moi, oui, car je T’ai offensé. Et, aussi indigne que je sois, je devrais être obligé de restituer à l’Autel tant de Saints Eucharisties volées, et tant de Précieux Sang. Mais je Te promets que je ferai pénitence.»

«En parlant de l’Eucharistie, sainte Gemma a dit un jour : « Il s’agit de réunir deux extrêmes. Dieu, qui est tout, et la créature qui n’est rien ; Dieu qui est lumière, et la créature qui est ténèbres ; Dieu qui est sainteté, et la créature qui est péché. Il s’agit de prendre part à la Table du Seigneur. Il ne peut donc jamais y avoir assez de préparation pour cela ».»

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«Parfois, cher Père (Père Germano -éd), je tremble et deviens tout rouge quand je pense à quel point je suis impur(e) lorsque je reçois Jésus (dans la Communion -éd), qui est l’essence de la Pureté. Et c’est sûrement à cause de cette impureté qu’à côté du feu de Jésus, je deviens de plus en plus froid(e). Mais Jésus, mon cher Jésus, m’aime même ainsi, et se laisse constamment sentir dans mon âme. Je n’ai qu’une seule chose bonne, cher Père, et ce sont de bonnes intentions. Du moins, je crois les avoir. Et, puisque Jésus me dit que cela aide énormément quelqu’un de faible et pauvre comme moi, j’espère donc que ces bonnes intentions seront au moins agréables à quelqu’un de fort et grand comme Jésus.»

Écrivant à son directeur spirituel, le Vénérable Père Germanus, Gemma dit :
« Ce qui me cause de l’inquiétude, c’est que la Communion fréquente, le Pain des Anges, n’a pas infusé dans mon âme toutes ces grâces qu’Elle a données avec abondance à tant d’autres. Et le mal, je le sais, vient du fait que mes quelques vertus sont faibles, et que je viens à Jésus sans aucun mérite. Aidez-moi, aidez-moi mon Père ! J’aurais dû à ce jour atteindre une sainteté bien plus grande, et au lieu de cela, j’ai reculé, au détriment de ma pauvre âme. Parfois, croyez-moi, Père, je tremble et rougis de tout mon être quand je pense qu’étant si vile, je vais recevoir Jésus, qui est pureté même. Mais Jésus, cher Jésus, m’aime même dans cet état et continue à se faire sentir dans mon âme. »

« Aujourd’hui, j’ai reçu Jésus, et maintenant je Le possède entièrement dans mon âme misérable. Dans de tels moments, mon cœur et le Cœur de Jésus ne font qu’un. Oh, si seulement je pouvais faire en sorte que cela reste toujours ainsi ! Cela voudrait dire que je ne commettrai plus jamais de péchés. Oh, quels moments précieux sont ceux de la Sainte Communion ! La Communion est un bonheur, Père, qui me semble ne pouvoir être égalé même par la béatitude des Saints et des Anges. Ils admirent le visage de Jésus et sont certains de ne pas commettre de péché ou d’être perdus ; et j’admire ces deux choses, et j’aimerais être en leur compagnie, mais j’ai moi aussi des raisons de m’exalter, car Jésus entre chaque jour dans mon cœur. Jésus me donne tout de Lui, bien que je ne Lui donne rien de digne en retour. Je Lui demande toujours tant de choses, et pour dire la vérité, j’ai peur de L’ennuyer, mais Il dit non et de ne pas m’inquiéter. Béni soit Jésus ! »

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Écrivant à Père Germanus à une autre occasion, Gemma déclare : « Chaque matin, je vais à la Sainte Communion : le plus grand et unique réconfort que j’ai, bien que je ne possède en aucune manière ce qui est nécessaire pour m’approcher dignement de Jésus. Le traitement affectueux que Jésus me donne chaque matin dans la Sainte Communion éveille en moi une douceur indicible et attire à Lui toutes les affections faibles de mon cœur misérable. »

Le vénérable Père Germanus écrit : « Après les nombreux prodiges que nous avons vus jusqu’à présent, je ne pense pas que quiconque sera tenté de douter de la véracité d’un autre fait que je m’apprête à raconter. Il s’agit de la Bienheureuse Vierge, qui joignait parfois les Anges de l’Eucharistie pour assister à la Communion de Gemma. À la vision inattendue (de la Bienheureuse Vierge Marie – éditeur), la bonne enfant entra en extase, le cœur battant de joie aux pieds de sa Mère. « Comme c’est merveilleux », me dit-elle ensuite, « de recevoir la Sainte Communion avec ma Mère du Paradis ! Je l’ai fait hier, le 8 mai. Je n’avais jamais auparavant reçu la Sainte Communion en Sa compagnie. Sais-tu, Père, les élans de mon cœur à ce moment ? Dans ces mots : « Ô Mère ! Ma Mère ! » »

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Quelques paroles tirées des extases de Gemma –
« Jésus, sainte Hostie, à vous je consacre toute ma tendresse……Oh Jésus, Jésus mon amour ! J’ai faim de ton Pain de vie, j’ai soif de ton Sang sacramentel ! »
« ……Je suis à toi Jésus. Mais, par tant de bonté et tant d’amour, quel pouvoir ne serait pas conquis ? Quelle volonté ne serait pas emportée ? »
« …..Bien-aimé Jésus !…..Quand je vois de bonnes âmes venir, oh Seigneur, pour jouir des délices de votre ciel dans la Communion, je ressens de la compassion ; mais quand Tu acceptes des âmes comme la mienne, alors….O Seigneur, Tu viens à moi entièrement comme Amour, et je viens à Toi comme pécheresse ; une âme si paresseuse. Oh Seigneur, laissez-moi le dire — peut-être qu’en me donnant de telles Choses Tu les dégrades trop. Ou est-ce que Tu désires un changement total dans ma vie ? Que dois-je faire pour te plaire ? Veux-Tu que je transforme, Oh Seigneur, ta couronne d’épines en couronne de lys ? »

« Un jour, alors qu’elle vivait, autant que je sache, dans la Via del Biscione et avait l’habitude de fréquenter l’Église Saint-Pierre Somaldi, elle me dit que le Diable essayait souvent de l’empêcher de recevoir la Sainte Communion. Elle disait que le Diable, sous l’apparence d’un homme à l’allure grossière, la poussait et la faisait même tomber par terre dans la boue, afin de la contraindre à rentrer chez elle, et qu’elle avait l’habitude de rentrer, se changer, puis retourner à l’église pour recevoir la Sainte Communion. Parfois, elle le rencontrait à la porte de l’Église Saint-Pierre, sous la forme habituelle d’un homme à l’allure grossière, et il lui disait : « Ne va pas recevoir la Communion ; tu commettras un sacrilège. La nuit dernière, tu as été coupable de méchancetés ! » Gemma ne lui prêtait généralement pas attention, mais elle m’avoua qu’une fois elle l’avait écouté et n’avait pas reçu la Sainte Communion bien qu’elle soit allée à l’église pour assister à la messe.
Elle a dit qu’elle allait à l’église pour assister à la messe. En quittant l’église, elle trouva l’homme là, à la porte, et il était content d’elle et se réjouissait parce qu’elle l’avait enfin écouté. Alors Gemma se rendit compte qu’elle avait été trompée par le Malin, et retournant immédiatement à l’église, elle reçut la Sainte Communion. Elle m’a confié qu’en revenant avec la ferme résolution de recevoir la Communion, elle dit à l’homme : « Oh, je comprends ! » et elle se précipita dans l’église – ce qu’elle voulait dire par là, c’était : « Alors, tu es le Diable ! Eh bien, je vais recevoir la Sainte Communion pour t’embêter. »

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« Que les moments de la Sainte Communion sont précieux, » s’exclama-t-elle, « ils ne peuvent être comparés qu’à la béatitude dont jouissent les saints et les anges. Ils contemplent le visage de Jésus et savent qu’ils ne peuvent plus pécher, et qu’ils ne peuvent jamais Le perdre à nouveau, pour ces deux choses je les envie et souhaiterais être de leur compagnie. Mais pour le reste, j’ai raison de me réjouir, car chaque jour Jésus entre dans mon cœur ; Jésus se donne tout entier à moi. »

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***

Extraits de la vie de Gemma Galgani:
(ref: Livres Mystiques.com )

« Je dis à Jésus, continue-t-elle : Je veux vous suivre, ô Jésus, au prix de n’importe quelle douleur ; je veux vous suivre avec ferveur ; non, mon Jésus, je ne veux plus vous donner de nausée par mes œuvres tièdes, ni vous inspirer de dégoût par la lenteur avec laquelle je vous ai cherché jusqu’ici.  »

« Donc, désormais oraison plus recueillie, communion plus fervente. Mon Jésus, pour vous je veux souffrir beaucoup, la prière toujours sur les lèvres. » Puis, comme elle envisage ses résolutions, la pensée de la fragilité humaine amène sous sa plume cette réflexion : « Il tombe souvent celui qui souvent forme de bons propos, mais qu’en sera-t-il de celui qui n’en forme que rarement ? »

… avant de me quitter, dans cette matinée, il m’avait dit au cœur d’une voix pénétrante : « Ma fille, après la grâce que tu viens de recevoir Iu me suivras avec plus d’ardeur encore. Je serai toujours avec toi, je te servirai de père, et ta mère, la voici (il me montrait la Vierge des Douleurs). Mon assistance paternelle ne peut faire défaut à celui qui s’abandonne entre mes mains ; rien donc ne te manquera, lors même que je t’enlèverai toute consolation et tout appui sur la terre. »

Heureuse perte ! heureux gain ! Oui, heureuse la perte de toutes les joies humaines, lorsqu’elle est compensée par le gain et la possession de Jésus ! 

C’est au banquet sacré qu’elle trouva la réalisation de la promesse du Seigneur : « Rien ne te manquera, lors même que je t’enlèverai toute consolation et tout appui sur la terre. » Jésus-Hostie lui tint lieu de tout.

 je me trouvai pour la seconde fois en présence de Jésus crucifié. Il me dit, en me montrant ses cinq plaies béantes : Regarde, ma fille, et apprends comment on aime. Vois-tu cette croix, ces épines et ces clous, ces chairs livides, ces meurtrissures, ces plaies ? Tout est l’œuvre de l’amour, et de l’amour infini. Voilà jusqu’à quel point je t’ai aimée. Veux-tu m’aimer vraiment ? Apprends d’abord à souffrir : la souffrance apprend à aimer. » À une telle vision, à de telles paroles la tendre jeune fille éprouve une douleur si intense qu’abandonnée de ses forces elle tombe évanouie et reste plusieurs heures étendue sur le sol.

Gemma entendit une voix mystérieuse lui dire avec force à l’oreille :
« Allons, prends courage ; oublie toutes les créatures ; abandonne-toi sans réserve à Jésus. Aime-le beaucoup, n’oppose aucun obstacle à ses desseins et tu verras quel chemin en peu de temps il te fera parcourir, sans même que tu t’en aperçoives.
Éloigne toute crainte : le Cœur de Jésus est le trône de la miséricorde, où les misérables sont le mieux accueillis. »
Réconfortée par ces paroles, la jeune fille, se tournant vers une image du Sacré-Cœur, s’écria : « Ô mon Jésus, je voudrais vous aimer beaucoup, beaucoup ; mais je ne sais. » Et la voix surnaturelle de reprendre : « Veux-tu toujours aimer Jésus ? Ne cesse un moment de souffrir pour Lui. La croix est le trône des vrais amants ; la croix est le patrimoine des élus en cette vie. »

***

« Le soir, raconte-t-elle, je fus saisie subitement et plus tôt que d’habitude, d’un repentir très vif de mes péchés, d’un repentir si vif que je n’en ai plus éprouvé de semblable, et que je me crus sur le point d’en mourir. Peu après, toutes les puissances de mon âme entrèrent dans un mystérieux recueillement l’intelligence ne voyait que mes péchés et l’horreur de l’offense de Dieu ; la mémoire me les rappelait tous, ainsi que les tourments endurés par Jésus pour mon salut ; la volonté les détestait, promettant de tout souffrir pour les expier. Des flots de sentiments se pressaient dans mon cœur : sentiments de douleur, d’amour, de crainte, d’espérance, de courage. »

« À ce recueillement intérieur succéda bientôt la perte des sens, et je me trouvai en présence de ma céleste Mère. Elle avait à sa droite mon Ange, qui tout d’abord me commanda de réciter l’acte de contrition. Quand j’eus fini, ma Mère m’adressa ces paroles : « Mon Fils Jésus veut te faire une grâce ; sauras-tu t’en rendre digne ? – Ma misère ne savait que répondre. Marie continua : Je serai pour toi une mère ; te montreras-tu pour moi une vraie fille ? » Étendant alors son manteau elle m’en couvrit. Au même instant parut Jésus ; ses plaies étaient ouvertes, mais il n’en sortait pas du sang ; il en sortait des flammes ardentes. En un clin d’oeil, ces flammes touchèrent mes mains, mes pieds et mon cœur. Je me sentis mourir et j’allais tomber, lorsque ma Mère me soutint, me tenant toujours sous son manteau. Je restai plusieurs heures dans cette position ensuite ma Mère me baisa au front, et tout disparut. Je me retrouvai agenouillée dans ma chambre. »

« Une forte douleur persistait aux mains, aux pieds et au coeur, et je m’aperçus, en me levant, qu’il en coulait du sang. Je couvris de mon mieux les parties douloureuses ; puis, aidée de mon Ange, je pus monter au lit. »

***

« Et nous, réussirons-nous enfin à aimer véritablement Jésus ? Moi en particulier qui ne cesse de l’offenser et qui ai le courage d’ajouter de nouvelles épines à celles de la couronne cruelle qui étreint son cœur. Pauvre Jésus ! Mais ce Jésus, savez-vous comment il se venge de mes infidélités ? Il me montre souvent ses plaies, ses mains d’où coule un sang rédempteur, son cœur consumé par un incendie d’amour, ses bras ouverts pour nous enlacer, et il me dit qu’il est tout entier victime de son grand amour pour nous. »

« Je vous prie de ne pas m’oublier dans vos prières aux pieds de Jésus crucifié, je ferai de même à votre égard, selon mon pouvoir. Mais n’attendez rien de mes prières : elles sont trop faibles. Cette lettre vous trouvera, je Ie desire et je l’espère, en bonne santé. Si vous n’y voyez aucune difficulté, vous me ferez plaisir de saluer votre mère, et de la prier de se souvenir quelquefois de moi auprès de Jésus. »

« Excusez ma vilaine écriture, et aussi le peu de sens de ma lettre : je ne sais rien faire. Prions, prions Jésus ensemble de nous donner la force de ne vivre que pour l’aimer seul. Que l’on ne vive que pour l’aimer : et qu’il nous accorde la grâce d’expirer sur son cœur en un fervent transport d’amour. Je vous salue bien. Priez beaucoup, beaucoup pour la pauvre Gemma. »

Cette sublime délicatesse chrétienne dit assez quelle devait être la reconnaissance de Gemma pour ses bienfaiteurs. Simple dans ses manières et répugnant aux compliments, elle ne savait guère l’exprimer en paroles, mais dans certaines circonstances sa physionomie reflétait bien les sentiments de son cœur. « Mon Dieu, s’écriait-elle un jour, se croyant seule, comment reconnaître tout le bien qu’ils me font ? Je ne sais même pas leur dire merci, tant je suis grossière et ignorante. Pensez vous-même à eux, mon Dieu ; bénissez-les dans leurs intérêts matériels ; rendez-leur au centuple tant de bienfaits. S’il doit leur arriver quelque malheur, détournez-le s ur moi. »

Dans sa dernière maladie, elle dira parfois d’une voix affectueuse à l’un ou à l’autre membre de la famille : « Patientez encore un peu à mon égard. Je penserai à vous près de Jésus ; oui, au ciel je prierai toujours pour vous. »

« Je me replie sur mon cœur, écrivait-elle à son directeur, j’y trouve Jésus, et, à la pensée que je possède Jésus, je souris à travers mes larmes. Oui, je sens, je sens que je suis heureuse, même au milieu des désolations. »

Les prières continuelles de cette âme pure pour ses bienfaiteurs touchaient le cœur de Dieu et l’inclinaient à les combler de faveurs. « Oh ! si vous saviez, m’écrivait-elle elle-même, comme Jésus les protège ! Il les bénit à tout moment et écarte d’eux le malheur. »

La digne mère de cette famille fut atteinte d’un mal très grave, accompagné de violentes douleurs d’entrailles. Les médecins formaient déjà les plus pessimistes pronostics, lorsque Gemma, prise de pitié, supplia le Seigneur de transporter sur elle ces souffrances. Sa prière fut exaucée, et elle me l’apprenait en ces termes : « Les douleurs de la mère, que vous savez, je les ai prises, sur moi ; mais elles sont atroces, père, et je ne sais que devenir. » De fait, la mère fut guérie à l’heure même, mais l’héroïque jeune fille endura pendant de longs mois un cruel martyre.

Voir également ici (Livres Mystiques.com) le récit d’une intercession de Gemma pour la conversion d’un pécheur, qui a lieu à l’instant même.

« Jésus m’a dit, répétait-elle souvent : Souviens-toi que je t’ai créée pour le ciel ; tu n’as rien à voir avec la terre. Oh ! que voulez-vous que me fassent toutes ces choses dont je n’ai pas besoin ? »

***

Les femmes sont généralement très attachées à leur propre jugement en matière de piété, et Dieu sait combien il est difficile à un directeur éclairé de modifier leur manière de voir lorsqu’il la trouve défectueuse. Peut-être sont-elles plus maniables dans les questions d’ordre matériel, mais dans celles qui regardent la vie purement intérieure elles n’en croient qu’à elles-mêmes. Combien plus s’il s’agit de phénomènes extraordinaires, comme de prétendues visions, de paroles divines, etc. Le confesseur doit s’incliner devant ces illusionnées, adopter leur sentiment, louer leur bienheureux état, ou ce sont des plaintes, des murmures et souvent une hostilité déclarée. Le maudit orgueil a bien d’empire sur les pauvres filles d’Ève !

On ne pouvait découvrir en Gemma l’ombre même de ce grave défaut de son sexe. Elle avait de fortes preuves en faveur de l’origine céleste des manifestations surnaturelles dont son âme était le continuel théâtre. Dieu même l’en assurait par des démonstrations évidentes, palpables, et par des paroles formelles comme celles-ci : Ne crains rien, c’est moi qui opère en toi. Mais cela ne lui suffisait pas ; elle voulait l’avis de son père spirituel et s’en tenait pleinement à son jugement. « Dites-le moi, vous, mon père dois-je croire que c’est Jésus, ou bien le démon, ou mon imagination ? Je suis ignorante et je puis me tromper. Qu’en serait-il de moi si je tombais dans l’erreur ? Vous savez que je ne veux pas ces choses ; il me suffit que Jésus soit content de moi. Qu’ai-je à faire pour luiplaire ? Dites-le moi ; je veux plaire à Jésus à tout prix. »

***

Dans cette vive et profonde conviction de sa misère, elle demandait à tous ceux qui l’approchaient, et avec une éloquence toujours ingénieuse, l’aumône de leurs prières. « Recommandez-moi à Jésus, m’écrivait-elle, et dites aux autres de le faire également ; c’est une grande charité que de prier pour moi. Veuillez me donner votre bénédiction et dire au Confrère Gabriel de penser aussi à la pauvre Gemma. » Et dans une autre lettre : « Si vous saviez, mon père, les moyens dont se sert Jésus pour confondre ma superbe ! Oh ! comme je suis mauvaise, si vous saviez Qui me donnera les vertus qui attirent Jésus ? Priez-le et faites-le prier de me donner bientôt les moyens de remédier à ma grande misère, de me faire connaître l’horreur de mes ténèbres et de m’éclairer. » Et encore : « Faites prier toutes les âmes saintes pour que malgré ma bassesse et mon indignité Jésus soit glorifié dans ma pauvre âme. »

***

Mais Gemma ne l’entendait pas ainsi, et la frayeur que lui inspirait l’état de son âme la jetait presque dans le désespoir. « Est-il possible, me disait-elle, étreinte par l’angoisse, est-il possible que Jésus soit content de moi ? Oh ! comme souvent je rougis et je tremble, eu me voyant si impure devant Jésus qui est la pureté même. Je l’ai bien des fois méconnu ; je lui ai tourné le dos lorsque sa tendre voix m’appelait. Mon père, demandez à Jésus, sans vous lasser, miséricorde pour mon âme ; implorez le pardon de mes péchés. Dites à Jésus que pour réparer mes fautes mille tourments du corps et de l’âme me paraîtront peu de chose. Ô mon Dieu, le châtiment, si terrible qu’il soit, n’égalera jamais ma culpabilité. Châtiez-moi donc, pourvu que vous m’enleviez le poids de mes péchés, qui m’opprime et m’écrase. Malheur à moi, si une seule minute je perdais la vue de mes iniquités. Ô Jésus que j’ai déshonoré, quel dégoût j’éprouve en moi-même ! Seule la bonne volonté qu’il me semble avoir me réconforte un peu au milieu de tant de misères. »

L’horreur de Gemma pour le péché provenait, sans doute, de la crainte de souiller son âme et de se damner ; mais bien plus de son amour pour Dieu, que le péché offense. À cet amour, parvenu à un degré si élevé, correspondait une immense contrition pour les grands outrages dont elle croyait se rendre continuellement coupable envers la Majesté divine. « Comment ! s’écriait-elle parfois, ne pensant pas être entendue, un Dieu si grand et si digne d’être aimé, être offensé par moi ? Et qui suis-je donc pour avoir tant de hardiesse ? Mon pauvre Jésus ! » Cette pensée la faisait pâlir et arrachait à ses yeux des larmes amères qu’on voyait couler, dit un témoin oculaire, le long de ses joues « comme deux fontaines. » Dans les extases mêmes, où elle goûtait d’ordinaire des délices divines, elle se confondait, pleurait et demandait miséricorde d’un accent émouvant : « Pardonnez-moi, Jésus ! ô Père, pardonnez-moi tant de péchés. »

En certains jours le Seigneur lui faisait éprouver d’une façon extraordinaire ces sentiments de componction, et Gemma, préférant à toutes les douceurs célestes la faveur de pleurer ses fautes d’un regret plus amer, le suppliait ardemment d’en hâter la venue. Elle en conservait ensuite précieusement le souvenir et comptait les heures qui la séparaient du renouvellement de ces ineffables angoisses. « II y a tant de jours, m’écrivait-elle, que je n’avais plus ressenti la douleur de mes péchés. Jésus vient de m’accorder de nouveau cette grâce. Hier soir, j’ai pleuré beaucoup à ses pieds. Qu’elles étaient amères, ces larmes, et douces en même temps ; et quelle violence dans les serrements de mon cœur qui paraissait devoir se briser de douleur ! »

Voici comment se produisait cette grâce. Dans le recueillement de l’oraison un flot de claire lumière envahissait soudain son esprit, mettant à nu les détours les plus secrets de son âme. Elle se voyait alors toute couverte des plus noires taches de péchés et apercevait le Seigneur tantôt grandement irrité, tantôt triste et affligé des affronts reçus de sa part. La pauvre enfant commençait à trembler ; dans l’immense regret de ses fautes elle perdait les sens et tombait par terre, inanimée. Ces angoisses terribles duraient souvent de longues heures et parfois un jour entier.

Gemma les appelait douces et amères à la fois. Qu’est-ce donc qui pouvait mêler quelque douceur à une telle amertume ? La pensée que le Seigneur agréait ce supplice intérieur comme une compensation à ses offenses. Voici en effet ses paroles :

« Ce soir, père, tous mes péchés se sont présentés comme d’habitude à mon esprit ; je les ai vus si énormes qu’il m’a fallu faire effort pour ne pas éclater en sanglots ; et ma douleur en a été si vive que je n’en avais pas encore éprouvé de semblable. Leur nombre dépasse infiniment la capacité de mon âge. Ce qui me console, c’est d’en ressentir une très grande douleur, que je voudrais ne jamais voir sortir ni tant soit peu s’effacer de mon âme. Mon Dieu, jusqu’où a été ma malice ! »

Gemma recevait la grâce de ce repentir extraordinaire toutes les fois qu’elle était favorisée d’un recueillement plus profond et d’une union plus intime avec Dieu, mais surtout dans la nuit du jeudi au vendredi, où le Seigneur l’admettait à la participation des douloureux mystères de sa Passion. « Le jeudi soir, écrit-elle, je me sens saisie d’une grande tristesse à la pensée de tous mes péchés, qui se présentent alors particulièrement à mon esprit ; ils me couvrent de confusion et me pénètrent d’une immense douleur. Les quelques souffrances que m’envoie Jésus m’apportent seules un peu de repos ; je les offre pour les pécheurs, spécialement pour moi, puis pour les âmes du Purgatoire. »

Ainsi purifiée dans la douleur et dans les larmes, confirmée dans le mépris d’elle-même, la jeune vierge se trouvait admirablement préparée aux sublimes extases qui revenaient périodiquement chaque semaine.

L’humilité est un vase très pur et très solide, où Dieu se plait uniquement à verser ses grâces ; elle dilate le pauvre cœur humain en le rendant capable de tous les dons du ciel.

***

Concernant la réversibilité des mérites des justes:

Mais la majeure partie des hommes, loin d’apaiser par des œuvres de pénitence le courroux de Dieu, le provoquent davantage par de nouvelles offenses. Il appartient aux justes de satisfaire à leur place et de consoler le cœur de Dieu, selon qu’il est écrit : Le Seiqneur se consolera dans ses serviteurs. Ainsi sont-ils associés par l’infinie bonté de Dieu à la mission expiatrice du Sauveur.

Pour imprimer profondément cette grande vérité dans l’esprit de Gemma, Jésus lui dit dans une claire et intime locution : « Ma fille, j’ai besoin de victimes, et de victimes fortes. Il me faut des âmes qui par leurs souffrances et leurs tribulations expient pour les pécheurs et les ingrats. Oh ! si je pouvais faire comprendre combien mon divin Père est irrité contre le monde impie ! Plus rien ne retient sa justice, et il se prépare sur tout l’univers un effroyable châtiment. »

Ces paroles étaient accompagnées d’une lumière céleste qui en découvrait à la sainte enfant toute la signification, tandis qu’un incendie d’amour s’allumait dans son âme. Dans l’enivrement de sa joie, elle s’en allait répétant à haute voix : « Je suis la victime et Jésus est le sacrificateur. Faites vite, ô Jésus. Tout ce que veut Jésus, je le veux aussi. Tout ce que m’enverra Jésus sera pour moi un présent. » Puis, prosternée la face contre terre, elle lit la prière suivante qu’elle s’empressa de soumettre à mon approbation.

« Me voici à vos pieds très saints, ô doux Jésus, pour vous exprimer ma reconnaissance de vos grandes et continuelles faveurs. Je vous en rends grâces ; mais si cela ne vous déplaît, je vous en demande encore une autre : c’est d’attendre. Oui, Jésus, attendez, je suis votre victime, mais attendez. Ma vie est entre vos mains, mais attendez. vous pouvez décharger sur moi votre colère, mais attendez, si cela vous plait. Qu’en tout s’accomplisse votre saint vouloir. »

À partir de ce moment, Gemma apparut transformée ; la pensée de la mission reçue d’en-haut en avait fait une créature nouvelle. La soif de la souffrance lui consumait les entrailles, et pour l’apaiser il lui en fallait à torrents. « Souffrir, disait-elle, souffrir, mais sans aucune consolation, sans le moindre soulagement, souffrir par seul amour. » Pour elle, aimer et souffrir étaient tout un, comme aussi être aimée et être éprouvée. « Je suis très contente, continuait-elle, parce que Jésus ne cesse ne me témoigner son amour, je veux dire qu’il ne cesse de m’affliger plus que jamais. »

Elle avait appris cette doctrine sublime de la bouche même du Seigneur. Un jour qu’elle lui demandait amour sur amour, elle avait entendu ces paroles : « Si tu veux vraiment m’aimer, voici mon calice où j’ai déjà trempé les lèvres ; peux-tu te boire jusqu’à la dernière goutte ? » Et Gemma avait répondu : « Doux Seigneur, mes lèvres sont aussi promptes que mon cœur ; rassasiez-moi de ce calice, énivrez-moi de cette absinthe. »

***

« Ma fille, disait le Seigneur, tu te lamentes d’être laissée dans ces ténèbres ; mais sache qu’après les ténèbres viendra la lumière, et alors tu baigneras dans une admirable clarté. Je te fais subir cette épreuve pour ma plus grande gloire, pour la joie des anges, pour ton propre avantage, et aussi pour l’exemple des autres. »

« Si tu m’aimes vraiment, tu dois m’aimer jusque dans les ténèbres. Je prends plaisir à me livrer avec les âmes les plus chères à des jeux d’amour. Ainsi, je feins de t’abandonner mais ne t’afflige pas, ce n’est pas un châtiment, c’est une invention de ma tendresse pour te détacher entièrement des créatures et mieux t’unir à moi. Je ne parais te repousser que pour t’étreindre ensuite plus fort ; et lorsque je semble bien loin, je suis plus près que jamais. Prends courage ; la paix succède toujours à la lutte, reste fidèle et aimante. Patiente donc encore si je te laisse seule, et souffre dans la résignation et dans le calme. »

« N’imite pas ces âmes qui s’attachent aux consolations et aux goûts spirituels, se souciant fort peu de la croix. Quand vient l’heure de l’aridité, elles abandonnent peu à peu leurs prières, qui ne leur offrent plus les douceurs habituelles. »

***

De son repos céleste notre contemplative retirait des fruits merveilleux. Écoutons-la : « Tant que j’avais beaucoup de désirs, mon âme était inquiète ; maintenant que je n’en ai qu’un seul (celui d’aimer Jésus), je suis heureuse. Mais puisque votre amour, ô Jésus, est inaccessible, laissez-moi faire, j’y remédierai ; ici dans mon cœur je veux vous dresser une tente toute d’amour ; vous y entrerez seul ; je vous y retiendrai toujours près de moi ; vous y serez toujours mon prisonnier, je ne vous laisserai plus la liberté, non, jusqu’à ce que vous m’ayez donné la consolation que je désire tant. Et que désiré-je, que demandé-je de vous, ô Jésus ? Vous allez voir que nous sommes d’accord : je demande ce que vous-même voulez et je désire ce que vous-même désirez. »

La tranquillité de l’esprit, une profonde paix intérieure dans l’abandon à Dieu et dans la recherche de Lui seul, tel est bien le fruit le plus précieux de la véritable contemplation de quiétude.

***

« Les liens de votre amour sont si forts, ô mon Dieu, que je ne puis m’en dégager, laissez-moi, laissez-moi la liberté : je vous aimerai par-dessus tout : je vous rechercherai toujours. Oh ! qu’avez-vous fait, Jésus, qu’avez-vous fait à mon cœur pour qu’il soit ainsi toujours fou de vous ? Ah ! Je n’en puis plus : j’ai besoin de m’épancher, j’ai besoin de chanter, j’ai besoin d’exulter. Vive l’amour incréé ! Vive le cœur de mon Jésus ! Ah ! si tous les pécheurs venaient à ce cœur ! Venez, venez, pécheurs, ne craignez pas ; 1à, le glaive de la justice ne pénètre pas. Oh je voudrais, Jésus, que ma voix parvînt aux confus de l’univers ; j’appellerais tous les pécheurs pour leur dire d’entrer tous dans votre Cœur. »

« J’ai un brûlant désir, écrivait-elle, de m’envoler vers mon Dieu. Oh ! si vous pouviez apprendre un de ces jours, mon cher père, que Jésus a fait de moi une victime de son amour, que je suis morte de seul amour ….! Ah ! la belle mort ! Je ne vis pas, tant que Jésus ne me consume dans ses flammes. Je voudrais voir mon cœur incendié par l’amour. Je voudrais que tous puissent dire : L’amour de Jésus a réduit en cendres le cœur de Gemma. »

(ref: Livres Mystiques.com )

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***

« Oui, Jésus, je recommande très urgemment ce pauvre pécheur à Vous ….
Il est à moi, Jésus ; imaginez combien je souhaite le sauver !
Je le sais, Jésus, je le sais, il Vous fait pleurer : mais croyez-moi, Jésus, en ce moment Vous ne devez plus penser à ses péchés ; Vous devez penser uniquement au sang que Vous avez versé. Combien miséricordieux Vous n’avez pas été pour moi !
Toutes ces délicatesses d’amour que Vous avez eues pour moi, je Vous en supplie, ayez-les aussi pour mon pécheur.
Souvenez-vous que je veux que Vous le sauviez avec moi.
Il est Votre enfant, il est mon frère, sauvez-le, Jésus ! »
– Paroles de Sainte Gemma Galgani (ref)

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***

«Je souhaite, ô Jésus, que ma voix puisse atteindre les extrémités du monde, pour appeler tous les pécheurs et leur dire d’entrer dans Votre Cœur…
Oh, si seulement tous les pécheurs venaient à Votre Cœur !…
Venez ! Venez, pécheurs, n’ayez pas peur !
L’épée de la Justice ne peut vous atteindre ici !»
(ref)

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Ses extases

2/7/1902:
« En fait, il utilise tous les moyens pour réparer mes péchés à ma place. C’est presqu’une chance pour moi, d’être née pécheresse, parce que les veines de mon Seigneur sont toujours ouvertes, remplies de ce sang sacramentel !

Ô mon Dieu!… que veux-tu faire, miséricordieux Jésus ?… Veux-tu faire miens tous tes mérites ? Et approprier pour moi ce qui t’appartiens ?…

Mais quelle sorte de cœur ne se laisserait pas submerger par tant de charité ?
Quelle sorte d’âme ne se laisserait pas gagner ?
Quelle sorte de volonté ne se laisserait pas enlever par toi ?
Ô mon âme, jusqu’à quand veux-tu être aussi avare avec Jésus ?
Pourquoi être aussi négligente envers Jésus qui t’a faite ?
Pourquoi aussi paresseuse envers Jésus qui t’a racheté ?
Qui veux-tu aimer, si tu ne veux pas aimer Jésus ?
Ô mon Dieu !… »

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«Ô Dieu, purifie-moi; purifie-moi dans ta bienfaisance… enflamme-moi par l’ardeur de ton feu… je… t’aime, je t’adore; devant toi je me prosterne, à toi je me soumets.
Mais est-il possible que les âmes qui ne veulent pas de toi, n’aient jamais communié une seule fois? Est-il possible qu’elles ne t’aiment pas, simplement parce qu’elles n’ont pas vu là où tu demeures?
Ô mon âme, mon âme,… tu parles tellement, il est vrai, mais réfléchis un peu à toi-même : la fréquence de la Communion… l’union avec le Pain des Anges n’a pas conféré à ton intérieur ce qu’elle a conféré à tant d’autres… Tu reçois la Communion, il est vrai, mais les fruits où sont-ils? Tu ne sais peut-être pas pourquoi, mais je sens que ton Jésus est en ce moment même avec toi, et qu’il te le témoigne… la façon avec laquelle tu t’approches de Lui a trop peu de mérite… trop peu de persévérance… Encore une autre chose : quand tu t’approches de Jésus, comment t’en approches-tu?… Tu communies, il est vrai, avec sa personne mais tu le fais avec une inclination au péché…

Ne vois-tu pas que chaque matin il te montre ses veines ouvertes pour que tu t’abreuves aux fleuves des Béatitudes? Et toi à l’inverse!… Il t’approche ses lèvres… et toi, tu approches les tiennes qui sont impures!…
Je te rends grâce, ô Seigneur, que ce matin, tu m’as donné la lumière de connaître mon iniquité. Je te fais la promesse de renoncer à tout ce qui n’est pas ta volonté; à toute œuvre qui n’a pas ton cœur pour centre, et ta divine volonté pour fin.»

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15/8/1902:
« Est-ce que je communie d’une bonne façon, ou est-ce que je vole tes Hosties à un grand nombre d’âmes qui en auraient besoin?…
je ne pleure pas, je ne m’humilie pas et je ne pense même pas à ce que je fais.
Est-ce que je communie de façon malicieuse, ou quoi d’autre?…
Enlève-moi ce poids; j’ai besoin que tu me rassures au sujet de ma Communion… rassures-moi… À qui dois-je recourir?… Ne vois-tu pas dans quel état déplorable je suis réduite?… Mon moral est si malade… Ne vois-tu pas ô Seigneur ? Après avoir été favorisée de toi par nombre de tes dons… »

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***

Août 1902
«Fais-moi une petite place en ton Ciboire; toi ma quiétude; mon repos. Très Sainte Trinité, pour ne pas être si ingrate envers mon Jésus, j’offre toutes mes pensées à l’Esprit Saint. Qu’il m’enrichisse de vertus et de grâces. J’ai eu tort de ne pas m’amouraché de toi, ô Jésus… quel bel amour est le tiens, Jésus! Plaise à Dieu qu’il ne soit jamais offensé… Ne permets pas, Jésus, qu’avec mon ingratitude, je jette le discrédit sur ton infinie sagesse. Oh cesse! Cesse avec tant de dons. Jésus, seconde-moi dans la même mesure…
Comment faire Jésus, pour dérober mon cœur à ton feu? Viens Jésus, je t’ouvre mon cœur; introduis y le feu divin. Tu es flamme Jésus, et en tant que flamme, tu veux que mon cœur soit changé.
Mais pourquoi mon cœur ne fait-il pas tous ses efforts pour t’être agréable? Pourquoi mon orgueil ne veut-il pas s’abaisser devant tant de grandes bénédictions?... Aimable Jésus, ma quiétude, mon sommeil, mon repos! Donne-moi une petite place dans ton Ciboire.»

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