(Messages à Sophie Prouvier, 1854)
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Plan:
– Histoire du Cœur Eucharistique de Jésus
– 1ère Élévation: Cœur Eucharistique de Jésus, je vous adore
– 2ème Élévation: Cœur Eucharistique de Jésus
– 3ème Élévation: Cœur Solitaire
– 4ème Élévation: Cœur humilié
– 5ème Élévation: Cœur délaissé
– 6ème Élévation: Cœur oublié
– 7ème Élévation: Cœur méprisé
– 8ème Élévation: Cœur outragé
– 9ème Élévation: Cœur méconnu des hommes
– 10ème Élévation: Cœur aimant de nos cœurs
– 11ème Élévation: Cœur suppliant qu’on l’aime
– 12ème Élévation: Cœur patient à nous attendre
– 13ème Élévation: Cœur pressé de nous exaucer
– 14ème Élévation: Cœur désirant qu’on le prie
– 15ème Élévation: Cœur foyer de nouvelles grâces
– 16ème Élévation: Cœur silencieux voulant parler aux âmes
– 17ème Élévation: Cœur doux refuge de la vie cachée
– 18ème Élévation: Cœur maître des secrets de l’union divine
– 19ème Élévation: Cœur de Celui qui dort, mais qui veille toujours
– 20ème Élévation: Cœur Eucharistique de Jésus, ayez pitié de nous
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Histoire du Cœur Eucharistique de Jésus:
Jésus dévoila son Cœur Eucharistique à Sophie Prouvier (1817-1891) dans la Chapelle du Refuge de Besançon. Sophie Prouvier est quasiment contemporaine de dom Guéranger, lui qui invitait les âmes à contempler le mystère insondable de l’Incarnation avec toutes ses immenses conséquences, le confessant sous les espèces eucharistiques, mis en lumière désormais sous le symbole du Cœur très aimant de Jésus.
Sophie eut deux révélations du Cœur Eucharistique : « Je voyais du tabernacle Notre Seigneur me montrer son Cœur navré de douleur devant le peu d’amour que lui portent les âmes favorisées de ses dons et admises à la communion fréquente : elles m’entourent, mais ne me consolent pas… Mon Cœur demande l’amour comme un pauvre demande du pain ». Puis s’adressant à elle : « Ton Cœur est il droit avec mon Cœur comme mon Cœur l’est avec le tien ? » Il lui dit aussi : « C’est mon Cœur Eucharistique. Fais-le connaître, fais-le aimer. »
De ces paroles du Seigneur, Sophie Prouvier a rédigé vingt Élévations sur la prière au Cœur Eucharistique de Jésus. C’est un jaillissement de vifs sentiments pour réveiller l’âme indifférente, l’âme rebelle ou tiède, en bref l’âme superficielle et mondaine.
Le bienheureux Pie IX et ses successeurs encouragèrent cette dévotion. Benoît XV reconnut le message et fit approuver une messe et un office en son honneur. Le Père Hermann Cohen comme aussi saint Pierre-Julien Eymard en propagèrent le culte. Mgr Brincard, évêque du Puy, a ravivé la flamme de cette dévotion. Il associa la prière au Cœur Eucharistique avec celle du Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, ce qui nous renvoie à la ferveur réparatrice des enfants de Fatima.
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1ère Élévation:
Cœur Eucharistique de Jésus, doux compagnon de notre exil, je vous adore
Réflexion. – Un compagnon d’exil, qui n’est pas un exilé, ne peut être que l’ami généreux de celui dont il partage volontairement la disgrâce. – d’où vient un tel héroïsme dans l’amitié ? Est-ce d’une grande intelligence ? non, c’est d’un grand cœur. L’intelligence peut éclairer le dévouement, l’admirer, mais elle ne l’inspire pas. Le cœur seul est capable des actes généreux, parce que ‘amour seul fait aimer le sacrifice, y trouver du bonheur : « l’amour ne connaît pas la peine, et, s’il y a une peine, cette peine se change en amour.»
Jésus. – L’homme n’a pas ici-bas de cité permanente et il cherche en gémissant le lieu de son repos. C’est dans l’Eucharistie que j’ai dressé ma tente, à côté de la tienne sur cette terre d’exil; ô mon peuple bien-aimé, j’ai voulu être à côté de toi, et là, j’ai fixé mes yeux et mon cœur: mes yeux pour suivre tes pas, voir tes travaux, tes combats, considérer tes épreuves et les compter; recueillir tes bonnes œuvres et les présenter à mon Père afin qu’il n’entre pas en jugement avec toi; mais qu’il pardonne tes péchés quand ton repentir touchera sa miséricorde; j’y suis avec mon cœur pour le consoler en partageant ta douleur, pour alléger ton fardeau, reposer ta fatigue, appuyer ta faiblesse et par-dessus tout te donner un breuvage mystérieux, mêlé à un pain de vie, que j’ai préparé dans ma sollicitude de peur que tu ne défailles en chemin.
Mon tabernacle te protégera de son ombre durant le jour et il te sera une retraite assurée contre l’orage ; il portera mon nom, un nom nouveau que je n’avais pas encore manifesté et qui sera désormais publié dans toute la terre. J’ai pour toi un cœur d’ami sincère, ne crains rien ; si tu me restes fidèle, je te porterai secours sur le lit de ta douleur et je retournerai ta couche dans tes infirmités.
Comme une mère caresse son enfant lorsqu’il pleure, de même, quand tes soupirs iront vers la patrie, je remplirai ton âme des plus douces consolations.
Mais prends garde, n’abuse pas de mes largesses, en me voyant ainsi abaissé jusqu’à toi. N’oublie jamais que ce cœur d’ami, venu du ciel, c’est celui du Seigneur ton Dieu.
(ref: coeureucharistique.fr)
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2ème Élévation: Cœur Eucharistique de Jésus
Réflexion. – Qu’est-ce que le Cœur Eucharistique, C’est le Cœur Sacré de Notre Seigneur Jésus-Christ nous aimant et voulant se donner à nous par le Sacrement de l’Eucharistie. Qualifier le Cœur de Jésus du titre de Cœur Eucharistique, c’est reconnaitre, pour y rendre hommage, l’immensité de son amour dans l’ensemble d’actes par lesquels il a conçu l’institution de la divine Eucharistie, l’a réalisée, l’a perpétuée, s’y est fixé, l’a universalisée et s’est donné à nous par elle, voulant y faire sa résidence et rester ainsi au milieu de nous.
Jésus. – Mon Eucharistie a été conçue au sein des pensées éternelles de mon Père, avec qui le Fils est un. C’est mon Père qui vous donne le vrai pain du Ciel, et moi, je vous donne mon cœur dans ce pain vivant qui est ma chair. J’ai annoncé mon Eucharistie par la bouche des Prophètes, je l’ai préparée dès ma naissance à Bethléem, la maison du pain, et durant le cours de ma vie terrestre, la voilant d’abord afin de ménager la faiblesse humaine et prédisposer le monde à recevoir ce mystère d’amour trop élevé pour les intelligences encore dans les ténèbres. Je l’ai réalisée la veille de ma Passion dans l’un des derniers soupirs d’amour de mon cœur passible et mortel : « Hoc est enim corpus meum .» Je l’ai perpétuée en donnant à mes Apôtres le pouvoir de renouveler ce mystère en mémoire de moi : « Hoc facite in meam commemorationem » Je m’y suis fixé; le confident de mon cœur vous l’apprend: «Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin : cum dilexisset suos qui erant in mundo, in finem dilexit eos » – Enfin par l’eucharistie je me livre à vous tous les jours, afin que par la communion de mon corps, de mon sang, de mon âme et de ma divinité, tout mon être divin et humain soit en vous avec mon Cœur Eucharistique, et vous garde pour la vie éternelle’.
(ref: coeureucharistique.fr)
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3ème Élévation: Cœur Solitaire
Première plainte du Cœur Eucharistique de Jésus à l’âme indifférente
Réflexion. – Malheur à celui qui est seul, a dit l’Esprit Saint ; Vae soli. L’isolement n’est pas dans l’ordre de la Providence. Dieu, la perfection infinie, a des relations divines, trois personnes sont dans l’Unité par essence : his tres unum sunt. Le cœur solitaire est donc toujours un cœur blessé, trompé dans ses affections, dédaigné dans ses dévouements, ou déçu dans ses espérances ; il s’est retiré des hommes, ou bien les hommes se sont éloignés de lui, et il est seul !
Jésus. – Je ne me suis pas retiré, c’est vous qui m’avez laissé ; « mes délices sont d’être avec les enfants des hommes », et ils m’ont abandonné, moi qui suis la source d’eau vive et ils se sont creusé des citernes sans eau. J’étais venu vivre avec eux sur la terre, ils m’ont fait mourir; j’ai répandu sur eux pour les sauver tout le sang de mon cœur: ils l’ont foulé aux pieds; – j’ai voulu les vaincre à force d’amour, je leur ai rendu ce même cœur ressuscité du tombeau; et de nouveau, je l’ai laissé sur la terre, non plus comme autrefois dans la Judée seulement; non plus sur un seul point du globe où il faille venir de loin me rendre les hommages qui me sont dus, mais, à côté de chacun des miens, à la porte de leur demeure ; non dans une arche d’or, mais captif dans leurs humides et froids tabernacles, moi le Seigneur votre Dieu, le Très-Haut, le Puissant Roi du ciel et de la terre ! Et c’est là que depuis dix-huit siècles je tends vainement les bras, à un peuple rebelle que ses passions emportent loin de moi.
Je suis seul dans mon temple ; non seulement l’église où je réside est souvent déserte, mais quelquefois les portes en sont fermées. Qui pense à moi avec amour ?… Mon cœur est seul !…
(ref: coeureucharistique.fr)
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4ème Élévation: Cœur humilié
Deuxième plainte du Cœur Eucharistique de Jésus à l’âme rebelle
Réflexion. – Quand l’amitié doit régner entre deux êtres inégaux, c’est le plus grand qui doit commencer. Descendre à ce qui est petit n’est donc pas une humiliation ; c’est au contraire, quand un noble sentiment l’inspire, un signe de grandeur d’âme de celui qui s’incline ; et plus cette condescendance vient de haut, plus elle honore celui dont elle vient et celui qui en est l’objet.
Ce qui humilie un cœur noble et généreux, trompé dans son estime et dans son affection par un être méprisable, c’est de l’en avoir jugé digne ; c’est de s’être mépris et de l’avoir élevé jusqu’à lui. L’avilissement du coupable ne l’atteint pas dans sa grandeur ; ce qui l’atteint au plus intime de lui-même, ce qui humilie son cœur, c’est de l’avoir aimé. [Du moins en est-il souvent ainsi, dans l’ordre des choses humaines, chez les cœurs magnanimes, qui peuvent se tromper en donnant leur confiance à qui ne la mérite pas, par exemple chez un souverain trahi par un ministre indigne. Il y a quelque chose d’analogue en Notre-Seigneur, avec cette différence qu’il ne peut se tromper et qu’il ne donne pas imprudemment sa confiance, bien qu’il accorde ses dons à beaucoup qui dans la suite s’en montreront indignes.]
Jésus. – J’ai été abaissé par ceux que j’avais élevés, moi le Très-Haut. J’ai vu dans l’opprobre l’humanité déchue, et mon cœur s’est ému ; j’ai eu compassion d’elle à cause de sa faiblesse ; je l’ai aimée, et oubliant ses fautes, je l’ai prise pour mienne ; alors je l’ai couverte de mes bienfaits. Mon Père n’a pas trouvé dignes les holocaustes pour le péché et j’ai dit : « Me voici. » Je prendrai un corps, je vous l’offrirai pour sa rançon et je rachèterai la coupable ; je la purifierai, je parlerai à son cœur; elle comprendra son bonheur, sera touchée et se convertira. Après l’avoir rachetée de mon sang, je l’ai appelée à ma table ; et dans un ineffable Don, où j’ai rassemblé toutes mes merveilles, j’ai mis le comble à sa gloire ; je lui ai donné mon cœur, ne demandant que le sien pour toute reconnaissance.
Mais, hélas ! le cœur de l’insensé est comme un vase fêlé qui ne retient aucune sagesse, privée d’intelligence, l’insensée ne m’a pas compris, elle ne m’a pas aimé, s’est détournée et, comme l’animal immonde qui revient à ses vomissements, elle a préféré sa misère.
Aussi, ma douleur est au-dessus de toute douleur et mon cœur est triste, par ce qu’il est humilié dans ce qu’il avait aimé.
(ref: coeureucharistique.fr)
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5ème Élévation: Cœur délaissé
Troisième plainte du Cœur Eucharistique de Jésus à l’âme consacrée
Réflexion. – Le cœur délaissé est celui dont l’affection, dignement placée, a été d’abord payée de retour. Il avait reçu de purs témoignages d’amour et des serments de fidélité ; mais l’ennemi du bien a tendu ses embûches, et la fragilité humaine a succombé : l’âme inconstante s’est lassée dans sa voie, elle a porté ailleurs les sentiments voués à un cœur vrai, qui n’avait rien fait pour les perdre et dont la plus grande souffrance ici-bas est d’aimer encore, quand il n’est plus aimé.
Jésus. – Celui que j’aimais le plus s’est tourné contre moi. Et cependant, ne suis-je pas l’époux fidèle, l’ami sûr, le maître compatissant, le cœur parfait que vous souhaitez ? Je vous avais appelée, quoique sans mérite de votre part ; vous êtes venue librement ; librement vous vous êtes donnée ; et moi je vous ai accueillie, je vous ai mise à la première place des enfants de mon peuple, je vous ai promis la plus belle part de mon héritage, et voilà que de propos délibéré vous vous êtes en allée. Devais-je donc m’attendre à une telle injure ? que puis-je espérer désormais ? Du délaissement à la haine, il n’y a qu’un pas, car, tout différent du repentir, le remords d’une âme endurcie accroit son endurcissement, et, en effet, mes amis me traitent en étranger, mon serviteur ne répond plus à ma voix, mes servantes ne m’obéissent plus comme à leur maître, mes proches m’ont abandonnés, et vous, destinée à être ma couronne de gloire, vous n’êtes plus aujourd’hui que la couronne d’épines de ma Passion eucharistique et le fer de lance qui s’enfonce dans un cœur vivant; mon sang est de nouveau profané, et il se répandrait avec l’eau de mes larmes, si je pouvais encore pleurer.
L’homme de ma paix en qui j’ai espéré, qui mangeait mon pain, a fait éclater sur moi sa trahison, aussi ne m’offrez plus de vains sacrifices, l’encens m’est en abomination. Ô ma vigne choisie, je t’avais plantée, je t’avais entourée d’une haie protectrice… ; pourquoi au lieu du vin exquis, ne m’as-tu donné que des grappes sauvages ? …
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6ème Élévation: Cœur oublié
Quatrième plainte du Cœur Eucharistique de Jésus à l’âme tiède
Réflexion. – L’oubli du cœur est la suite du délaissement, sa consommation. Il est ici la preuve la plus amère de l’indifférence, preuve d’autant plus amère au cœur oublié qu’il avait plus donné, tout donné, s’était donné lui-même. Dans un cœur où vit encore un reste d’amitié, le souvenir est un aiguillon qui souvent détermine le retour ; mais l’oubli, l’implacable oubli, immobilise l’abandon et laisse sa victime privée de toute espérance.
Jésus. – est-ce parce que je me tais et suis comme ne voyant pas que tu as oublié mon regard toujours dirigé sur toi et que tes genoux se sont lassés devant moi ? Chère âme, naguère si pleine de vie, d’où vient que tu t’es alanguie, quand mon cœur épris d’espérance avait compté sur toi ? … Le pain dont je te nourris, n’a-t-il donc plus de saveur, ni le sang de mon cœur plus de chaleur ? pourquoi es-tu devenue faible et tiède, pourquoi rien ne te réchauffe-t-il plus avec durée ? Tu es tiède. Oh ! mieux vaudrait que tu fusses froide, car les inefficaces désirs qui endorment ta vie, cesseraient de te tromper et de m’affliger. Malheur à celui qui fait l’œuvre de Dieu négligemment. Pauvre âme, tu vas à la tombe et tu ne le vois pas ! reviens, reviens à la source de vie, c’est parce que tu as oublié de prendre ta nourriture, que tu es devenue défaillante et sans force, cette nourriture de prières ferventes, de vertus solides, d’amour vaillant et surtout du Pain sacré qui donne la vie au monde. Peut-être ce pain, l’as-tu mangé, sans qu’il ait produit en toi son effet de vie. Ah ! c’est qu’il n’y a plus trouvé la force vitale correspondante à son action ! … Peut-être aussi dans ton état maladif, ne voulant pas te plaindre de toi, te plains-tu de moi, pauvre âme ! Eh bien, vois et réponds : Qu’ai-je dû faire que je n’aie pas fait ?
Cherche dans tes souvenirs, et considère ton existence : ni les doux sentiments que je prodiguais aux faibles, ni l’épreuve que j’accorde aux forts, ni la pénitence qui purifie, ni les contentements qui encouragent ne t’ont fait défaut, rien n’a manqué à ta voie, sinon la persévérance de ta bonne volonté. Ne te meurs pas ainsi : Surge. Lève-toi, sors de ta poussière, romps tes entraves, ô fille captive de Sion, réveille-toi Jérusalem, je vais ôter de ta main cette coupe d’assoupissement, prends ton lit et marche, ce lit de fatal repos, de rêves inquiets, et viens à ma maison, à mon tabernacle, c’est moi, c’est moi-même, qui rendrai la joie à ton âme, et avec la chaleur de mon cœur, le mouvement au tien, la vie à ta vie.
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7ème Élévation: Cœur méprisé
Cinquième plainte du Cœur Eucharistique de Jésus à ceux que le monde entraîne
Réflexion. – L’oubli, de sa nature, est silencieux. En amitié, c’est le sommeil du cœur ou son absence ; et le mépris en est le réveil mauvais. Un amour méprisé subit un affront poignant ; on lui a dit : j’ai autre chose en moi, et n’ai que faire de toi.
Ce froid mépris s’accentue dans un mot, un geste, une omission; et ce sont là autant de glaives pour le cœur méprisé, qui ensanglantent sa vie sans lui apporter la consolation de la lui ôter ; et souvent, ce qui est plus dur encore, sans lui ôter son amour.
Jésus – … Ego non sum de mundo: je ne suis pas du monde, parce que le monde n’a pas l’esprit de vérité en lui, et voilà pourquoi son mépris est tombé sur moi ; c’est à cause de cela aussi que ce mépris, tout en offensant ma justice, ne touche pas mon cœur. Mes amis, vous que mon Père m’a donnés, qui que vous soyez, n’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde.
Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui. Car tout ce qui est dans le monde est ou concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie ; et ceux qui se complaisent en ces choses et en eux-mêmes, ce sont eux qui sont le monde, mon ennemi et le vôtre, mes bien-aimés. Il cherche à vous séduire, et à cause de cela, je prie mon Père, afin qu’il vous préserve de l’esprit du monde et vous garde du mal. Mais cela n’est pas tout, il faut vous garder vous-mêmes, en ne vous exposant pas au danger, car alors vous succomberiez, puisque vous exposer volontairement serait un commencement d’infidélité …
Ah ! vous qui êtes mes amis, laissez-moi confier encore à vos cœurs l’affliction du mien ; un grand nombre d’âmes, hélas ! me sont ainsi ravies par le monde ; hier encore, elles étaient mes disciples fidèles partageant les doux mets de ma table ; et aujourd’hui, les voilà qui deviennent mes ennemies. Déjà elles ne croient plus en moi, elles souffrent sans espérance et se jouent de mon amour. Ah ! j’ai nourri des enfants, je les ai élevés, et ils m’ont méprisé ! voyez s’il est douleur semblable à ma douleur. Ô mon peuple, comment pouvez-vous me traiter ainsi après tout ce que j’ai souffert pour vous racheter ? Vous du moins qui voulez me consoler, parlez à ces frères qui s’égarent, éclairez-les, touchez leurs cœurs et dites-leur ceci : Revenez à celui qui a rempli de joie votre jeunesse, rappelez-vous votre première innocence, ne consommez pas votre perte, mais retournez au Seigneur.
(ref: coeureucharistique.fr)
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8ème Élévation: Cœur outragé
Sixième plainte du Cœur Eucharistique de Jésus aux pécheurs
Réflexion. – L’outrage formel est le comble du mépris. Outrager quelqu’un qui nous aime est le dernier degré d’une odieuse cruauté, le dernier terme de l’abaissement moral. Mais lorsque celui qui nous aime revêt toutes les supériorités, tous les titres à l’affection, tous les droits à la reconnaissance, l’outrage devient le paroxysme d’une démence coupable, et le malheureux qui en assume le forfait se réprouve lui-même : humiliata es usque ad inferos.
Jésus – Verbum iniquum constituerunt adversum me : ils ont élevé contre moi une parole inique. Comme une épouse outrageant son époux qui l’aime, ainsi m’a outragé la maison d’Israël. Je ne vous ai fait que du bien, ô vous qui vous éloignez de moi, et, par là, vous me plongez dans la tristesse. En vous faisant naître sous une loi de grâce, je vous avais déjà privilégiés ; mais, je ne suis pas seulement venu pour vous apporter la grâce du salut, j’ai voulu que vous l’ayez avec plus d’abondance et que vos corps y participent, recevant de mon cœur une nourriture céleste, qui les glorifie dès cette vie, en déposant en eux un germe d’immortalité. Et voilà que par vos péchés, vous souillez ces corps devenus mes membres, vous les faites servir à l’iniquité plutôt que de les respecter et d’attacher vos cœurs au mien. Vous n’avez pas voulu servir le Seigneur votre Dieu : non serviam, avez-vous dit, je ne servirai pas, préférant vous conduire seuls.
Hélas ! avez-vous été plus vraiment libres, et votre bonheur est-il parfait ? Au lieu de ne servir qu’un Maître plein de sagesse et de bonté qui vous donnait la paix, vous vous êtes fait des dieux de toutes vos passions coupables et vous avez subi en esclaves leurs insatiables exigences.
Maintenant, à la poursuite du bonheur qui s’est enfui, vous courez en criant : La paix ! la paix ! mais hélas ! il n’y a plus de paix pour l’impie, mes entrailles se sont émues, et mon cœur qui de son tabernacle vous entend et vous suit, sait incomparablement mieux que vous tout le mal que vous vous faites à vous-mêmes, et tout celui que vous préparez, si votre péché, malgré mes appels, reste toujours sans repentance.
Ah ! puisque vous n’êtes pas heureux, essayez au moins, maintenant, de retrouver ce qui peut vous donner la paix, ouvrez vos yeux et vos cœurs, reconnaissez votre péché et convertissez-vous, fils rebelles, revenez à moi votre père, et je guérirai le mal que vous vous êtes fait en vous détournant de moi.
Oh ! pasteurs fidèles, allez après eux avant qu’ils ne s’éloignent davantage, allez promptement, ceignez vos reins, retrouvez-les, rendez-les moi.
Et vous, âmes dévouées, qui connaissez les chemins de mon cœur, ses désirs et son ardent amour, faites pour ce peuple égaré une efficace pénitence : Filles de Sion, revêtez-vous de cilices et de cendres et pleurez avec moi ; sauvez-les, car je ne veux pas être consolé que mes brebis perdues ne m’aient pas été ramenées. Oh ! alors nul ne les ravira de ma main ! Et non rapiet eas quisquam de manu mea.
(ref: coeureucharistique.fr)
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9ème Élévation: Cœur méconnu des hommes
Septième plainte du Cœur Eucharistique de Jésus à tous les fidèles
Réflexion. – Quand on porte un nom célèbre, être méconnu et passer pour rien est simplement une erreur, qui ne peut blesser que la vanité. Mais être méconnu dans la droiture de ses pensées ou la pureté des sentiments de son cœur, c’est une souffrance légitime parce qu’elle blesse la justice et une vérité à laquelle on a droit. Mais si l’être méconnu est un bienfaiteur insigne dont les actes généreux ont inondé la vie d’un être aimé, la souffrance est plus profonde parce que la blessure est dans le cœur en même temps que dans la justice et la vérité. Pour le cœur méconnu, il est encore une autre peine : forcé de mésestimer ceux qu’il aime, il est exposé à ne plus les aimer.
Jésus – Je suis venu à vous comme un Roi plein de douceur. J’espérais être compris et trouver des cœurs ouverts dans lesquels il me fût possible de répandre toute la richesse de mon amour, l’avant-goût des joies du ciel et les contentements purs de la terre promis aux âmes de bonne volonté. Pour cela, je me suis donné comme nul ami, nul époux ne se donna jamais; je me suis livré en nourriture, je vous ai faits mes maîtres dans l’ Eucharistie où vous disposez de moi, à tout heure, je me suis laissé confiner dans d’obscures retraites, et là, au fond de vos pauvres tabernacles de pierre ou de bois, je suis demeuré, attendant que, touchés de tant d’amour et pénétrés de reconnaissance, vous veniez comme réchauffer mon cœur avec l’ardeur des vôtres; et voilà que je n’en suis pas moins au milieu de vous presque comme un inconnu. Lorsque vous rendez vos hommages à mon corps sacramentel, mon Cœur sacré, heureusement aimé dans ses autres demeures, est oublié dans l’Eucharistie, comme on oublie un mort enseveli depuis longtemps. Depuis longtemps en effet, je l’avais découvert aux miens, ce Cœur Hostie, mais ils ne l’ont pas reçu avec l’amour que j’avais lieu d’attendre. Cependant mes soupirs ont été entendus, et, connaissant tout le mal que vous vous êtes fait à vous-mêmes, mon cœur s’attendrit et il cherche quelque raison pour être indulgent …
Puisque je suis un Dieu caché, un Cœur voilé, me dis-je, n’ai-je point dû m’attendre à être quelquefois méconnu ? … ne vous pardonnerai-je pas ce long oubli de vos cœurs pour le mien, lorsque vous m’avez aimé de quelque autre manière ? Oui, je vous pardonnerai, mais puisqu’aujourd’hui vous le connaissez, aimez-le et apportez-lui votre amour au lieu qu’il a choisi pour se donner à vos âmes. Vous, adorateurs zélés de l’Eucharistie, vous, amis de mon Sacré Cœur, venez accroître encore, dilater, réjouir, compléter ici le culte que déjà vous me rendez ; venez fervents, venez tièdes, venez pécheurs, venez tous, et venez avec confiance si vous venez avec amour. Tout n’est pas perdu pour vous être un moment égarés, fussiez-vous même, hélas ! allés loin dans la voie du mal ; je sais le limon dont vous êtes formés, et puisque c’est mon cœur qui vous appelle, ne craignez point : ce qui est perdu, je le rechercherai ; ce qui est égaré, je le ramènerai ; ce qui est faible, je le fortifierai. Venez donc, et si vous apportez un esprit de paix pour me faire oublier votre ingratitude, je n’aurai qu’un même cœur avec vous. Or, maintenant que vous avez reçu mes plaintes et vous êtes humiliés, mon cœur va s’ouvrir à l’espérance et vous confier ses désirs.
(ref: coeureucharistique.fr)
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10ème Élévation: Cœur aimant de nos cœurs
Premier désir du Cœur Eucharistique de Jésus : nous rendre heureux
Réflexion. – Qu’est-ce que l’amour ? l’amour considéré en Dieu, sa source première, est Dieu lui-même. Dieu est amour : Deus caritas est. En Dieu tout est amour, jusqu’à sa colère ; ses châtiments sont un amour de justice, et ses épreuves un amour de sagesse, comme ses bienfaits un amour de tendre dilection. Toutes les formes de l’amour parmi les hommes sont émanées en principe de cet océan divin : l’amour est né de Dieu; s’il reste pur, il remonte à son principe comme la rosée au firmament, et il retombe plus abondant sur le point d’où il s’est élevé.
Cette étendue sans limites et sans fond de la charité divine est tout à la fois océan et fournaise ; mais c’est un flot qui submerge sans engloutir, c’est un feu qui brûle sans détruire.
Aimer jésus, Fils de Dieu, oh ! le bienheureux incendie ! … le doux rafraichissement !
Jésus -Je t’ai aimé d’un amour éternel. Je t’aimais avant que tu fusses né, voilà pourquoi je t’ai donné la vie, ce trésor du temps avec lequel mes élus achètent les biens de l’éternité ; ne le dépense pas en vain, ce trésor de la vie humaine dont chaque parcelle contient en principe le bonheur parfait que tu rêves. Il ne sera complet que dans le ciel, il est vrai, mais dès ici-bas il a des avant-goûts qui dépassent toutes les joies de la terre.
Pourquoi le cherches-tu hors de moi, ce bonheur, tandis que seul je le possède, et que seul je désire te le donner ? Peut-être ne descends-tu pas le demander aux sources empoisonnées, ce qui te rassure, mais tu ne te laisses pas davantage entraîner à l’odeur de mes parfums, et ton pauvre cœur, altéré et toujours vide par un côté, va se heurtant aux choses créées qui n’ont pas et ne peuvent pas te donner ce que tu mendies.
Ton cœur, c’est moi qui l’ai fait, et je l’ai fait à la mesure du mien, c’est-à-dire aussi grand que je voulais y verser d’amour. J’en connais donc l’étendue, c’est pourquoi je te dis que jamais il ne pourra se suffire de ce que tu poursuis de meilleur.
Retourne-toi, chère âme, convertere, retourne-toi de grâce, et tu me rencontreras, car moi aussi je poursuis un objet qui me fuit, que je désire, que j’aime … ton cœur même, oui, comme s’il était indispensable à mon propre bonheur ; mais je le suis au tien, et ce m’est une même chose. J’ai soif, oui, de ta paix ; de ta joie, de la plénitude de ton être, c’est-à-dire de la plénitude de ton cœur en tant que je dois le combler. C’est donc l’un de l’autre que nous avons soif. Ah ! si tu connaissais le don de Dieu et quel est celui qui te demande à boire !
Si tu comprenais la valeur de ce don suprême ! Il n’est pas seulement l’eau vive, la grâce, il est l’auteur même de la grâce, la vie à sa source divine et son aliment céleste : le pain vivant qui sustente le monde, l’Eucharistie, le Cœur aimant vos cœurs et qui, pour ton bonheur, te supplie de l’aimer. « Mon fils, donne-moi ton cœur ». Praebe, fili mi, cor tuum mihi (Prov. XXIII, 26).
(ref: coeureucharistique.fr)
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11ème Élévation: Cœur suppliant qu’on l’aime
Deuxième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : être aimé d’un amour de préférence
Réflexion. – Ne paraît-il pas contraire à la dignité de solliciter l’amour ? D’où vient que le Cœur de Jésus semble s’abaisser à cette supplication ? C’est que aimer Dieu est dans nos intérêts, non dans les siens, et que s’il nous presse de répondre à son amour, c’est uniquement pour notre bien. Dieu n’a pas besoin pour lui de notre retour, trouvant en lui-même son infinie suffisance.
Cependant comme la nature du feu est de se communiquer et que la charité divine est un feu, il est de sa nature de se répandre ; or, le cœur de l’homme fait par Dieu à son image étant pour lui un objet de prédilection, il n’aura complété sa création que quand il l’aura rempli de son amour. Voilà pourquoi il le supplie de faire vivre en lui cet élément essentiel de son bonheur et cette gloire de l’œuvre de Dieu.
Jésus – Je suis venu apporter le feu sur la terre, et que désiré-je, sinon qu’il s’allume ? Ce feu que la terre ne connaissait pas avant que je vinsse lui apporter la loi d’amour avec ses grâces, il n’est pas un feu dévastateur ; depuis ce règne de l’amour, je ne suis plus dans les orages, ni dans les tremblements. Je suis la douceur, qui ne brise pas le roseau à demi rompu mais qui allume la mèche encore fumante.
Mon cœur ne s’impose pas, il supplie ; j’en appelle beaucoup à l’intimité de mon amour et plusieurs refusent, je frappe à la porte et souvent on ne m’ouvre pas ; mais je te supplierai de m’aimer, et avec tant d’instance que si ton cœur n’est pas de pierre, il se rendra.
Encore une fois, qu’ai-je dû faire que je n’aie pas fait pour toi ? Pour te gagner, j’ai revêtu ta nature et t’ai donné ma vie, je l’ai reprise afin de la donner encore pour toi : je me consume aujourd’hui dans l’Eucharistie, et là, plus à toi que jamais, en toi-même quelles ne sont pas les tendres insinuations de mon cœur pour triompher de ton vouloir, te faire choisir de préférence le seul bien qui ne laissera pas de vide en ton âme.
Je n’exige pas de tous un amour exclusif, et si tu n’y es pas appelé, donne-toi à ceux que tu peux aimer ici-bas, j’y consens, puisque je t’en ai fait un devoir, mais aime-les avec mon cœur pour les aimer avec quelque chose de mon immuable tendresse. Médite et honore tous mes mystères, chacun en son temps, mais aime d’un amour de prédilection le mystère qui les renferme tous et qui tient de mon cœur d’être par excellence le sacrement de l’amour.
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12ème Élévation: Cœur patient à nous attendre.
Troisième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : nous voir correspondre à la grâce de son appel
Réflexion. – La longanimité et la clémence d’un être puissant, qui suspend le châtiment d’un coupable, attendant que le repentir, qui amène l’amendement, vienne suffire à sa punition. La longanimité est d’autant plus touchante, que celui qui attend pourrait forcer celui qui tarde à s’amender, mais il respecte sa liberté, préférant attendre pour devoir tout à sa volonté.
Jésus – L’attente du juste fait sa joie, parce qu’elle marque son espérance. L’objet de mes désirs, ô mon peuple, ne l’as-tu pas compris ? c’est de te voir marcher dans la voie des préceptes, c’est que, te rendant enfin à ma grâce, tu la secondes et accomplisses l’œuvre pressante de ton salut, marchant jusqu’au terme sans t’arrêter désormais.
Mon Père parlait autrefois aux patriarches et ne dédaignait pas de descendre avec eux aux moindres détails de la loi pour l’accomplissement de sa volonté sainte. Moi, son Verbe, qu’il a envoyé parler en son nom en vous disant : « C’est mon Fils bien-aimé, écoutez-le », je vous ai apporté la loi de grâce, et pendant ma vie mortelle je vous l’ai enseignée.
Mes trente années d’obscurité vous ont montré l’humilité, qui doit longuement poser la base des œuvres divines dans une vie intérieure et cachée; mes trois années de prédication vous ont dit comment la vie active doit s’unir dans une mesure moindre à la vie contemplative pour former en vous cette vie mixte dont j’ai donné l’exemple; et ma Passion et ma mort, en vous purifiant de mon sang, vous ont révélé la part de pénitence que j’ai faite pour chacun de vous et celle qui vous reste à faire vous-mêmes pour qu’elle soit complète.
Toutefois ces enseignements, si frappants soient-ils, complétés par la parole du Saint-Esprit et la lecture des Livres saints, n’auraient pas suffi devant votre incapacité et pour que vous arriviez à compléter l’œuvre de votre salut ; il m’a fallu ajouter, à ma vie mortelle, ma vie eucharistique, établie à me permettre de la verser en vous, afin qu’une vie forte et puissante vînt sans cesse renouveler les appauvrissements continuels de la vôtre, causés par le péché.
Mais encore une vie simplement vivante vous apportant un germe d’immortalité ne vous aurait pas contentés, il vous fallait une vie aimante qui vous instruisît par l’amour ; voilà pourquoi je vous ai donné mon Cœur, et pourquoi ce Cœur vous appelle, vous aspire, avec un très vif désir vous attend.
Donc, ô mon peuple, applique ton cœur, de tes yeux vois, de tes oreilles écoute cette fois et réponds à ma voix, car si tu tardes encore, peut-être quand tu viendras, ne sera-t-il plus temps.
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13ème Élévation: Cœur pressé de nous exaucer
Quatrième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : notre Médiateur auprès de son Père
Réflexion. – Savoir vouloir et savoir attendre sont la marque d’une grande force et d’une grande sagesse. La mesure d’un désir est en rapport avec l’ardeur du cœur qui l’éprouve ; et si ce désir est dans l’ordre, il s’accroit de son excellence.
D’après cela on peut comprendre quelle est la force des désirs de Jésus par rapport à nous, et quelle inqualifiable violence et faite à son Cœur quand notre force d’inertie annule son désir de nous accorder ce qu’il sait nous être nécessaire ; il pourrait nous incliner tout de suite à le vouloir, mais c’est alors qu’il s’impose d’attendre, car sa sagesse qui atteint avec force d’une extrémité du monde à l’autre, dispose tout avec douceur.
Est-ce à dire que notre inertie a une puissance supérieure à la volonté de Dieu pour lui faire obstacle ? Non, certes, rien ne résiste à la volonté divine quand elle est absolue, mais celle qu’il daigne exprimer comme un désir n’est qu’une volonté relative à la liberté que lui-même nous a laissée. Toutefois, ce royal désir n’en est pas moins un ordre pour le sujet docile ; refuser de s’y conformer serait une révolte.
Jésus – Mon désir est d’être votre Médiateur. Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous le donnera. Demandez et vous recevrez. Vous ne demandez pas assez. La flèche lancée vers son but, l’éclair qui sillonne la nue, ne sont pas aussi rapides que l’élan de mon Cœur offrant à mon Père la supplication pure. Hier je voulais bien attendre, aujourd’hui je veux me hâter, car il se fait tard, le jour est sur son déclin.
Vos jours sont comptés et le temps presse, car il passe ; vous l’avez perdu à me faire attendre : regagnez-le et avancez maintenant. Les besoins sont grands : les âmes se perdent, l’Eglise souffre, je reste méconnu et mon Père est offensé.
La charité me presse, il faut que la charité de la terre appelle la charité du ciel, il faut que la misère implore la miséricorde. Je suis pressé comme on l’est dans l’angoisse du cœur devant le péril imminent de ceux qu’on aime : envoyez donc vers moi vos plus pressantes supplications.
Je suis le seul intercesseur près de mon Père, ne l’oubliez pas, le seul à être parmi vous capable de lui offrir une prière digne de lui, parce que je suis « l’Homme-Dieu », l’homme sans reproche, pressé d’intercéder pour le peuple, présentant le bouclier de son ministère avec vos supplications pour détourner la colère du Seigneur.
C’est pour cela que je me suis placé entre la terre et le ciel dans les tabernacles de l’Eucharistie, adorateur en votre nom et médiateur près de mon Père ; que votre supplication soit instante, confiante, persévérante et désintéressée.
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14ème Élévation: Cœur désirant qu’on le prie
Cinquième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : la louange divine
Réflexion. – Le désir d’accéder à une demande révèle un grand amour et un cœur doublement généreux, qui, non content de donner, prévient celui qui doit le prévenir, afin de donner plus vite ; c’est en outre une grande humilité. Jésus s’incline vers nous, et c’est en quoi consiste l’humilité de Dieu. Mais c’est moins la prière de supplication que celle de louange qui est ici l’objet du désir de Jésus.
Jésus – Vous qui bénissez le Seigneur, relevez sa grandeur autant que vous le pourrez, car il est au-dessus de toute louanges, et fortifiez-vous de plus en plus, afin de ne pas vous lasser, car vous ne comprendrez jamais ce qu’il est et ce qu’il mérite. Que votre prière soit continuelle. Venez, adorons-le, car mon Père est aussi votre Père dans les cieux. Priez avec moi, par moi et en moi, afin que votre hommage lui soit agréable.
Que son nom soit sanctifié, comme il doit l’être ; que tous les hommes le connaissent et proclament son nom trois fois saint. Il ne règne pas dans tous les cœurs, hélas ! Ah ! demandez que ce règne arrive et qu’il étende ses bienfaits sur toute la terre ; que les nations se convertissent à la foi et mon Eglise, mon épouse, règne aussi triomphante à côté de moi ; que tous les hommes soient frères et ne forment entre eux qu’un cœur et qu’une âme pour aimer et louer le Seigneur tout-puissant. Avec toutes les créatures, publiez ses grandeurs, et vous qui avez une âme créée à son image, manifestez sa gloire par la sagesse de votre conduite.
Que sa volonté suradorable et infiniment sage soit accomplie avec allégresse de l’orient à l’occident, comme dans l’étendue des cieux, car il est le souverain monarque de l’univers. Et maintenant ce qu’il faut louer de toutes vos voix et de tous vos cœurs, ce qu’il faut exalter nuit et jour avec transport, avec incessante action de grâce et perpétuelle adoration, c’est la donation suprême de ce pain vivant descendu du ciel, de ce pain quotidien de vos âmes, pétri de mon sang divin et qui est ma chair, lequel vous a été donné par mon Père, lui donc le nom est grand parmi les nations et pour qui est offerte en tous lieux, depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher, une oblation pure.
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15ème Élévation: Cœur foyer de nouvelles grâces.
Sixième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : être honoré comme Cœur Eucharistique
Réflexion. – Un foyer est le centre d’un rayonnement de lumière et de chaleur. Lorsque d’un point jusque-là ignoré s’échappe un rayon lumineux, lorsque par exemple une étoile apparaît, une vérité se promulgue, tout cela semble être nouveau, et pourtant il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
Jésus-Christ en apportant la loi nouvelle n’en créait pas les vérités : ce que je vous dis, je ne dis pas de moi-même, mais de mon Père qui m’a envoyé.
Donc les étoiles, non plus que les vérités dogmatiques, ne sont nouvelles que pour arriver à leur moment. Les étoiles mettent des siècles à faire parvenir leur lumière, et les vérités nouvellement proclamées ne sont que les rayons de ce foyer éternel, de cette beauté ancienne et toujours nouvelle.
C’est ainsi que la dévotion au Cœur Eucharistique de Jésus, n’est pas nouvelle, mais splendeur de son divin objet plus explicitement montré, elle est un foyer de nouvelles grâces brillant d’un éclat nouveau, et le révélant toujours davantage, le fait aimer plus parfaitement.
Jésus – Voilà que je vais faire des miracles nouveaux, c’est-à-dire que c’est maintenant qu’ils vont paraitre : vous me connaîtrez, si vous entrez dans la voie que je désire.
Une des peines les plus amères de ma vie eucharistique a été le retardement que mes amis ont apporté à venir consoler mon Cœur auteur de ce don. Il y a deux siècles que, découvrant ce Cœur à ma fidèle servante, j’ai fait connaître ma soif si ardente d’être honoré des hommes dans le Saint-Sacrement, et on n’a pas tenu compte de mon désir, mon Cœur eucharistique n’a pas été reconnu hautement dans cette manifestation suréminente de mon amour envers vous.
Si je me fusse contenté des hommages rendus à mon corps sacré dans l’Eucharistie, « Corpus Christi », je n’aurais pas dit qu’il n’y avait presque personne qui s’efforçât selon mon désir de me désaltérer, usant envers moi de quelque retour, puisque j’avais des adorateurs ; mais ce culte que j’ai demandé aussi et qui m’est rendu avec tant de pompe, satisfait seulement à un premier devoir.
De même les triomphes de mon Sacré-Cœur m’ont aussi consolé de l’ingratitude des chrétiens, et cependant cette louange universelle qui me réjouit en s’adressant surtout à l’amour, aux souffrances, aux vertus de mon état passible et mortel, me laisse toujours à désirer que mon Cœur soit honoré des hommes dans le Saint-Sacrement. Telle est encore ici l’expression de mon désir extrême : « la soif ardente qui me dévore et dont je demande avec instance depuis plus de deux cents ans à être désaltéré.
Ah ! si vous m’aimez, donnez enfin à mon Cœur Eucharistique, à lui aussi, la compagnie d’un cœur ami sur la terre d’exil. Venez à ce Cœur qui vous a tant aimé et qui vous aime tant encore que, malgré vos ingratitudes, il veut demeurer avec vous et que pour cela, il a obtenu de ma puissance le plus grand, le plus inconnu des prodiges : l’institution de la sainte Eucharistie, nouvelle et sublime émanation de mon éternelle charité.
Venez vous réchauffer à ce feu rajeuni, venez à ce Cœur, lumière des cœurs, lumen cordium, glorifiez-le, vous qu’il a choisi pour le désaltérer, venez, et des grâces nouvelles inespérées, abondantes, vous seront accordées à vous, à vos maisons, à vos familles, à vos œuvres.
Je convertirai vos pécheurs, je guérirai vos malades, à mon tour je comblerai vos saints désirs ; enfin, je ferai avec vous une alliance de paix ; j’oublierai vos prévarications. Je serai à l’égard d’Israël comme une rosée de printemps.
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16ème Élévation: Cœur silencieux voulant parler aux âmes
Septième désir du Cœur Eucharistique de Jésus :Jésus désire qu’on l’écoute et qu’on adhère à lui
Réflexion – Quelle est cette apparente contradiction ? un silence qui veut parler ? – Le silence, ordinairement, ne dit qu’une chose, c’est qu’on ne veut rien dire ; il est bien quelquefois la plus éloquente expression d’un sentiment profond de l’âme, mais cette éloquence n’est que transitoire et ne constitue pas un entretien propre à instruire et à toucher les âmes. Ce prodige ne peut appartenir qu’à la puissance divine. En effet, quelle autre langue pourrait être la langue de Dieu?… C’est dans le silence que les anges s’entendent avec sa Majesté ; et aussi que les saints ici-bas traitent avec Elle : Ma bouche est sans paroles devant vous et mon silence vous parle. Mais s’il est un lieu ici-bas où le Cœur de Dieu se répand sans bruit de paroles, c’est bien dans le Sacrement de son amour ; aussi, pour nous initier à ce merveilleux langage, le Cœur Eucharistique de Jésus y convie les âmes : car, de même que les autres langues, celle-ci ne s’apprend que par l’usage.
Jésus – Je mènerai l’âme dans la solitude, et là je lui parlerai au cœur. Je ne suis pas dans le bruit. Je me tais quand l’impie me brave, quand des mains ou des lèvres sacrilèges profanent mon corps sacré, parce que ma parole serait alors une flèche aiguë, tandis que mes anathèmes sont contenus dans ma patience éternelle. Mais je parle à ceux qui me cherchent, et ceux-là me trouvent, ils entendent ma voix. Ô brebis fidèle, toi qui sais me répondre quand je dis : Viens ! et toi qui entends, mais ne viens pas toujours, je m’adresse à vous aujourd’hui, apprenez à écouter. Mais quelle est cette solitude où je vous conduis pour entendre le doux murmure du langage du ciel ? c’est le tabernacle du Sauveur, l’éloignement du monde, l’oubli des créatures, l’apaisement des passions, l’absence de tout milieu entre vos âmes et mon esprit d’amour. Recueillez-vous et faites silence au moins « une demi-heure » et puis encore après, car si j’allais vous parler, moi, le Seigneur votre Dieu, et que vous ne m’entendissiez pas !!! Donc, soyez aux écoutes de mon Cœur silencieux dans l’Eucharistie, qui veut parler à vos âmes.
Mais il ne suffit pas d’écouter, il faut adhérer : ma parole est pénétrante, elle descend avec suavité dans le fond de l’être pour le vivifier ; c’est un acte, elle fait ce qu’elle dit : adhérez à cet acte, correspondez à la grâce. Mon Père dans son éternel silence a prononcé en lui-même une éternelle parole, son Verbe, splendeur de sa substance : Jesus Splendor Patris, et vous avez adhéré au Verbe en croyant en moi. Et moi, j’ai conçu dans mon Cœur une parole que j’ai dite à la fraction du pain : Hoc est corpus meum, hic est sanguis meus : Ceci est mon corps, ceci est mon sang. Cette parole sacrée, oh ! n’est-elle pas le rayonnement voilé de ma propre substance ? Adhérez à mon Sacrement, ô mes bien-aimés, en vous nourrissant de ce pain et en adorant avec transport le Cœur de Celui qui vous l’a donné. Ah ! puissent les artères de votre cœur adhérer à ce Cœur même ! Alors vous réaliserez mon désir le plus ardent et celui de mon Père : que vous soyez un avec moi et par moi en Lui, per eumdem Christum Dominum notrum.
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17ème Élévation: Cœur doux refuge de la vie cachée
Huitième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : notre refuge au saint Tabernacle
Réflexion – Un refuge est un lieu de salut, un lieu assuré contre le danger ; lieu interdit ou inaccessible au droit ou à la force. Les églises offraient autrefois cet inviolable droit d’asile aux criminels poursuivis par la justice. Touchante figure de la miséricorde divine, précieuse allusion à la tendre compassion du Cœur Eucharistique de Jésus qui, ne pouvant s’ouvrir à des pécheurs non repentants, leur ouvre du moins son sanctuaire, essayant de les gagner à lui pour les sauver.
Jésus – Je suis un Dieu caché, le Dieu et le Sauveur d’Israël, et, m’étant montré une fois parmi les hommes, j’ai dû, moi le premier, pour me soustraire à leurs poursuites, me réfugier dans un sanctuaire… dans mon Eucharistie, afin de ne plus mourir de leurs mains.
Là quelques-uns continuent encore à me poursuivre, en élevant contre moi leurs clameurs impies, mais leurs coups ne blessent que mon Cœur, et je peux subir leurs outrages sans être forcé de les quitter. S’ils me chassent de ma frêle enveloppe en la détruisant, je me retire dans ma gloire, mais aussitôt je reviens parce que je vous ai promis de demeurer avec vous jusqu’à la fin !
A vous aussi, mes amis qui me suivez dans mes abaissements et vivez méconnus en butte aux traies du monde, ne faut-il pas un refuge sur cette terre et un lieu de repos ? Ah ! que ce soit le tabernacle de Dieu avec les hommes, venez vous y cacher avec moi en Dieu mon Père ; venez y chercher abri contre le poids du jour et de la chaleur, contre l’esprit des ténèbres qui rôde pendant la nuit.
Venez, vous qui souvent consolez ma tristesse, je consolerai la vôtre, et ces autres peines secrètes que vous ne confiez à personne. Frappez à cette petite porte, et j’ouvrirai toujours. L’enfant effrayé qui se jette sur le sein de sa mère émue, le fils égaré qui se réfugie dans les bras d’un père attendri, ne trouvent rien d’aussi doux que la douceur de ce repos sous mon toit sacré, après la fatigue du travail et dans les lassitudes des combats de la vie.
Là, comme autrefois le disciple bien-aimé appuyé sur mon cœur, vous apprendrez à le connaître ; et quand vous le connaîtrez, vous n’en sortirez plus, car votre cœur fait à son image ne pourra jamais se contenter que de lui.
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18ème Élévation: Cœur maître des secrets de l’union divine
Neuvième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : Jésus désire que les âmes lui soient intimement unies
Réflexion – C’est un Maitre, magister : il enseigne ; c’est un Maître encore, possessor : il possède, il a de grands biens ; et enfin, il est Maitre, dominator : il commande à tous. Ce Maître est-il enflé de sa science ? est-il possesseur égoiste ? est-il autoritaire, despote ?
Non, car ce Maître, c’est l’amour même, à la fois science, don et commandement. Comme il doit être doux d’écouter ses leçons, de recevoir de son abondance, d’obéir à ses ordres et d’obtenir ce qu’on souhaite, sachant que son désir est de se donner !
Jésus – C’est vous, Père saint, qui avez dit ces paroles : Voilà mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toutes mes complaisances, écoutez-le. Ecoutez-moi donc ici, non plus au Thabor, mais sur cet autel, où, de mon tabernacle, je possède, enseigne et donne le secret de cette douce union.
Que vous dirai-je à vous, chères âmes qui me demandez ces secrets que je désire vous révéler et que vous-mêmes cherchez à votre insu quand vous cherchez instinctivement le bonheur, parce que le bonheur parfait, c’est tout le bien et que cette plénitude se trouve seulement dans l’union intime avec celui qui la possède et veut bien la donner ? Donc, vous qui désirez connaître ce qui est entre mon Père et moi, soyez un en nous comme mon Père est en moi et moi en Lui.
Mais venez à moi d’abord, car je suis la voie ; venez au saint Tabernacle où je fais ma résidence, où je suis établi docteur, maître et dispensateur des richesses de mon Père avec lequel je ne fais qu’un.
Mais comment vous dire dans un autre langage que celui des anges les séraphiques mystères de ce bonheur suprême dont vous pouvez dès ce monde recevoir l’avant-goût ? et ce langage, le comprendrez-vous ? Il est doux, car il est tout amour ; mais parfois il est dur à entendre parce qu’il exclut l’esprit raisonneur et confond le superbe ; l’amour ne raisonne pas, il enseigne sans discours, puisque son enseignement c’est d’aimer.
« Aimer de tout son esprit », c’est cela : c’est le réduire au silence pour l’amour de Dieu. Ici, l’amour donne l’intelligence, c’est la science du cœur. Si donc vous voulez encrer dans ces ineffables secrets, abîmez vos raisonnements dans la foi, et la charité vous obtiendra la lumière. Voilà en quoi consiste le secret de la sainte union sur la terre comme dans le ciel ; apportez-y seulement un cœur simple ou désireux de l’être, le silence de l’humilité avec la persévérance du désir, et bientôt vous saurez tout par une heureuse expérience.
La science qui cherche autrement les secrets de Dieu peut apporter des jouissances à l’intelligence, mais comme la science humaine a des bornes, le plaisir qu’elle donne reste incomplet, il en résulte qu’elle creuse la vie ou enfle le cœur, et un cœur vide ou un cœur enflé est un cœur malade qui ne saurait goûter la paix. Priez donc le Très-Haut, afin qu’il vous conduise dans les droits chemins de la vérité.
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19ème Élévation: Cœur de Celui qui dort, mais qui veille toujours
Dixième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : la charité fraternelle
Réflexion – Dans son tabernacle comme dans la barque agitée par les flots, Jésus dort; mais c’est là surtout que son Cœur veille sur son Eglise éprouvée et sur chacun des membres qui la composent.
Dormir est le signe du repos, veiller est celui de la sollicitude ; dormir et en même temps veiller est le signe de la puissance et de l’amour : de la puissance qui ne craint rien, parce qu’elle peut le bien qu’elle veut ; de l’amour qui craint tout, parce que l’objet de sa sollicitude peut vouloir s’écarter de ce bien. Et c’est là la seule crainte de Dieu.
Jésus – Je dors et mon cœur veille. Je dors parce que je suis impassible dans mon éternel repos. Ma puissance ne m’a rien coûté et vous ne pouvez pas me l’enlever ; c’est pourquoi je dors. Mais vous avez coûté à mon Cœur et vous pouvez lui ôter ce qu’il aime ; voilà pourquoi je veille.
Au jardin des Oliviers, ma veille était douloureuse ; au Tabernacle où je veille encore, je suis souvent délaissé ; venez quelquefois veiller une heure avec moi, parce que Satan, lui aussi, veille comme un loup ravisseur, et mes enfants trop faibles se laissent arracher de mon sein ; veillez donc, et pour consoler mon Cœur, priez pour eux afin qu’ils ne défaillent pas.
Veillez sur vous d’abord, et puis étendez votre sollicitude sur ceux dont vous êtes les maîtres ou les amis ; s’ils font mal, avertissez-les, le faisant toutefois avec douceur et modestie, car il faut qu’il y ait entre vous pour vos infirmités une bonté compatissante, une amitié de frère ; mais si vous ne pouvez rien, soit au corps, soit à l’âme de ceux qui vous sont donnés, continuez néanmoins à les aimer, à veiller sur eux, à prier pour eux.
Si un ami vous afflige, je vous en conjure, redoublez de charité envers lui, et ne voyez pas une poutre là où il n’y a qu’une paille. Elargissez vos cœurs. Soyez bons comme mon Père est bon.
Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Le moyen d’être aimé et toujours pardonné, c’est d’aimer et de pardonner jusqu’à soixante-dix fois sept fois, c’est-à-dire toujours, et vous aurez droit à tous les pardons : dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris.
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20ème Élévation: Cœur Eucharistique de Jésus, ayez pitié de nous
Onzième désir du Cœur Eucharistique de Jésus : respect et invocation de son nom
Réflexion – Votre nom est comme une huile répandue, une huile odoriférante, qui embaume et adoucit tout. Ce nom, il dit le Cœur, c’est-à-dire l’amour, la bonté ; il dit l’Eucharistie, c’est-à-dire la grâce, l’action de grâces, la bonne grâce, la beauté ; il dit Jésus, c’est-à-dire Sauveur, nom sacré devant lequel tout genou fléchit dans le ciel, sur la terre et dans les enfers, et ce nom, joint à celui d’Hostie, émeut toute âme chrétienne ; Cœur Eucharistique de Jésus, ce n’est plus la Majesté qui s’ impose, c’est la puissance de la charité, qui chasse la crainte et fait ployer avec les genoux, le corps et l’âme tout ensemble, ineffablement prosternés, pendant que le cœur s’élève et soupire avec l’accent de la confiance : Ayez pitié de nous !
Jésus – Dieu dit à Moise : « Je suis Celui qui suis. » Voici, ajouta-t-il ce que vous direz aux enfants d’Israël : le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous. Le premier nom est celui que j’ai de toute éternité, celui-ci me servira de mémorial de génération en génération.
Je veux aujourd’hui m’approprier cette parole de mon Père à Moïse, car « tout ce qui est à mon Père est à moi », et « tout ce qui est à moi est à mon Père ». Le nom que je me suis donné, ne m’est-il pas donné par Lui, puisque ce que je vous dis, je ne le dis pas de moi-même, mais de mon Père qui demeure en moi et qui fait lui-même les œuvres que je fais.
Ce dernier nom de mon cœur est le signe de mon amour par excellence, celui de ma nouvelle alliance avec vous et celui qui sera de génération en génération le mémorial de mon dernier sacrifice pour votre salut ; rendez-lui donc honneur et gloire, et ne m’honorez pas seulement du bout des lèvres; mais que vos prières, vos louanges, vos adorations, fassent monter constamment un pur encens. Faites connaitre, faites aimer, faites glorifier mon Cœur Eucharistique et, je vous le répète, j’exaucerai vos prières et je vous bénirai.
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